DIVERTISSEMENT
01/01/2015 12:36 EST | Actualisé 07/01/2015 04:33 EST

Bye Bye 2014 : franchement amusant (TWITTER)

Radio-Canada.ca

Les libéraux y ont goûté, mais Pauline Marois et Pierre Karl Péladeau aussi. Le Bye Bye 2014 a beaucoup scruté les bourdes et les déconfitures de nos politiciens, a frappé autant à gauche qu’à droite, dans le rouge comme dans le bleu, et s’est avéré, au final, franchement amusant, avec des imitations drôles et efficaces, et des textes souvent très comiques.

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Aucun sketch n’est particulièrement sorti du lot, mais aucun autre n’était réellement faible non plus, pour un résultat égal, qui ne passera peut-être pas à l’histoire, mais qui résumait fort bien les manchettes des 12 derniers mois.

L’actualité de la dernière année, il faut le reconnaître, s’est beaucoup jouée à l’Assemblée nationale. Le nom de Pierre Karl Péladeau n’a jamais été aussi souvent écrit, prononcé et entendu, les déboires du Parti québécois ont fait jaser encore et encore, les politiques d’austérité de Philippe Couillard ont été décriées sur toutes les tribunes. On n’avait d’autre choix que de concocter une rétrospective plutôt politisée si on voulait rendre justice à cette réalité.

Ceci dit, le producteur Louis Morissette et son équipe d’auteurs sont parvenus à atteindre un bel équilibre entre les segments politiques et ceux parodiant la culture populaire, toujours très attendus au Bye Bye. On a ainsi eu droit à un pastiche mémorable d’un Jean Airoldi pédant et arrogant par Pierre Brassard, alors que Quel âge me donnez-vous? est devenu Quel âge me bitchez-vous?, et à une imitation très réussie d’Éric Salvail par Joël Legendre, qui pilotait En mode chaudaille, plutôt que En mode Salvail. «Pour avoir un veston plus serré, il faudrait que je me fasse enlever les côtes!», a crâné le survolté Salvail d’En mode chaudaille. Serge Fiori en guise d’invité principal, Marie-Mai aux «recettes pompettes», une visite à Saint-Élie-de-Caxton avec Fred Pellerin, plusieurs artistes étaient reconnaissables dans ce numéro très sympathique, qui s’est terminé avec le décor penché de Ce soir tout est permis. On y a même vu une recherchiste motivée noter les idées du talk-show de Jimmy Fallon, inspiration avouée d’Éric Salvail.

Péladeau chante et danse

Les Péladeau qui se substituent aux Morissette le temps de quelques représentations? On adorerait! Cette saynète, venue sur les tous derniers milles du Bye Bye 2014, était certainement l’une des meilleures de l’ensemble et a touché la cible plusieurs fois, en ressassant tout ce qui a été dit sur Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder dans la dernière année, des fiançailles à l’accident de vélo. «Je sais toujours quoi répondre aux journalistes, c’est moi qui écris leurs questions!», a balancé le personnage, chantant et dansant, tout en variétés, interprété par un Pierre Brassard enthousiaste. À ses côtés, Véronique Claveau a très bien tiré son épingle du jeu en Julie Snyder.

Plus tôt, Pierre Karl Péladeau avait aussi été au centre du trio formé par lui, Bernard Drainville et Jean-François Lisée, se disputant la vedette et se relançant à qui mieux mieux au moment du départ de Pauline Marois, autre instant fort de ce Bye Bye. L’ex-chef du Parti québécois, elle, a brillé en nous chantant sa «recette d’une défaite» sur l’air de la ritournelle d’été des épiceries Métro, qu’on a inlassablement entendue tout l’été. «La recette d’une défaite, c’est vouloir être majoritaire et déclencher l’élection de trop…»

On a aussi affublé Pauline Marois en Reine des neiges en lui mettant en bouche les paroles de la chanson que tant de parents ne sont plus capables d’entendre. «Libérée, délivrée, fini le PQ, je m’en vais», a-t-elle entonné dans ce sketch splendide, porté par la voix de Véronique Claveau, qui doublait réellement la voix de la princesse Anna dans le film d’animation.

En ouverture, un très talentueux Laurent Paquin a imité Philippe Couillard, qui énumérait comment les coupures ont affecté le Bye Bye ; on a entre autres soi-disant remplacé Véronique Cloutier, parce qu’elle «coûtait trop cher pour ce qu’elle était bonne», et «obtenu Pierre Brassard à rabais» après la fin de son émission à V. «Grâce à mon gouvernement, l’austérité va très bien, des supplémentaires sont prévues en 2015», a déclaré, solennel, le Philippe Couillard de Laurent Paquin. La table était mise pour une version de Papaoutai, de Stromae, enrobant un clip très semblable à l’original, renommée Austérité.

Le long-métrage La petite reine est devenu La Tite Reine, une biographie cinglante de Lise Thibault. «Je n’ai jamais touché à une facture de ma vie», a insisté la principale intéressée, de la même façon que Geneviève Jeanson jurait ne jamais avoir touché à de l’EPO. Tous les faits principaux de la saga entourant Lise Thibault ont été soulignés dans cette hilarante mini-fiction.

Les maires de Montréal et Québec, Denis Coderre et Régis Labeaume (Laurent Paquin et Michel Courtemanche, irréprochables) se sont tour à tour vantés les mérites de leur ville respective, jasant cols bleus et foodtrucks, alors que Gaétan Barrette s’est trémoussé au rythme du hit All About That Bass, dans un clip rose bonbon, martelant «On rit pas de ma graisse». Juste assez baveux, sans être méchant.

La biographie de Justin Trudeau, les sables bitumineux et le pétrole de Stephen Harper et la vision (ou la non-vision) du Parti libéral en éducation ont aussi été mentionnés dans de courtes caricatures, et le tube musical québécois de l’année, On leur a fait croire, d’Alex Nevsky, a accompagné le collage évoquant la fin de la Commission Charbonneau.

Dolan, Dubois et Sutto

On n’aurait pu passer sous silence les triomphes de Xavier Dolan grâce à son film Mommy, mais au lieu de ramener le jeune réalisateur lui-même, on a plutôt inséré son personnage de Steve, jeune homme à la santé psychologique fragile, dans divers contextes, pour saluer son succès, une excellente idée. Joël Legendre a donc enfilé les habits et la perruque blonde rappelant Antoine Olivier Pilon et s’est infiltré dans des scènes des Parent, de Décore ta vie, et même dans la publicité de SSQ Auto, celle dont la célèbre réplique «Je note» en a agacé plusieurs. Anne Dorval a elle aussi eu une belle place ; dans un numéro baptisé Le monde selon Dorval, Hélène Bourgeois-Leclerc a reproduit toutes les réactions de la comédienne lors de son passage sur le plateau d’Éric Zemmour, en les exagérant. D’ailleurs, Hélène Bourgeois-Leclerc a souvent brillé pendant les 80 minutes du Bye Bye 2014, et a récolté de nombreux éloges sur les réseaux sociaux.

On a trouvé une manière ingénieuse d’évoquer les frasques au volant de Claude Dubois, Sébastien Ricard de Loco Locass et Marjo en imaginant «L’école d’inconduite Claude Dubois». Le Ice Bucket Challenge est revenu à plusieurs reprises, alors que plusieurs clones de personnalités, comme Yoan de La voix ou Pauline Marois, se sont jeté un seau d’eau sur la tête.

La vraie Janine Sutto s’est pour sa part prêtée au jeu, avec une immense générosité. Il faut dire qu’il n’y a à peu près qu’elle qu’on n’avait pas vu tenter l’exercice à la fin de l’été, lorsque le phénomène en était à sa pleine puissance. On a reconstitué avec une grande habileté le Cocothon de Laval, avec enfants hurlants et témoignages de mamans outrées. L’omniprésente publicité de Trivago, qu’on n’aurait pu oublier, a été rebaptisée «Trivagosse».

Céline en double

Plusieurs se demandaient qui, de Joël Legendre ou Véronique Claveau, allait personnifier Céline Dion cette année. Le premier lui a prêté vie dans toutes les éditions du Bye Bye depuis 2010, tandis que la seconde l’a interprétée à maintes reprises sur la scène du Théâtre du Rideau Vert, dans la pièce Revue et corrigée. Finalement, les talents de Joël comme ceux de Véro ont été mis à profit, alors que tous deux, accoutrés comme la chanteuse, se sont livré bataille pour emporter le privilège de l’incarner. Voix similaires, mimiques, expressions, c’était parfait dans les deux cas.

À la fin, même Laurent Paquin s’en est mêlé, skis nautiques aux pieds, désireux de recréer la portion de L’été indien où Céline a glissé sur le fleuve Saint-Laurent, plus tôt cet automne. Belle façon de faire allusion à Céline, un incontournable de tout Bye Bye, qui a été relativement absente des projecteurs cette année. «Oubliez ça, elle a tellement rien fait cette année qu’elle sera pas dans le Bye Bye», est venu aviser Pierre Brassard.

Enfin, un beau coup de chapeau a été tendu à Gilles Latulippe – et à Paul Buissonneau par la bande, qui a été nommé – avec un clin d’œil à Symphorien et aux blagues ratées d’Ephrem (Fernand Gignac). C’était juste assez attendrissant, pas du tout larmoyant. Il y a fort à parier que Monsieur Latulippe aurait beaucoup apprécié.

Ah, oui : pour ceux qui craignaient de s’ennuyer de Véronique Cloutier, celle-ci est apparue en éclair pendant le décompte de fin d’année, tout comme les sœurs Dufour-Lapointe. PK Subban est aussi venu faire un coucou à la toute fin, avant que l’émission ne se termine.

Le Bye Bye 2014 sera rediffusé jeudi, 1er janvier, à 21h, à Radio-Canada.

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