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31/12/2014 07:19 EST | Actualisé 02/03/2015 05:12 EST

L'interdiction du film «L'Exode» au Maroc suscite de nombreuses critiques

RABAT, Maroc - Le Maroc a interdit la diffusion du film biblique «L'Exode: dieux et rois» de Ridley Scott, provoquant une réaction négative de plusieurs politiciens et cinéastes du pays.

Le Centre cinématographique marocain a envoyé une lettre à toutes les salles de cinémas du pays samedi pour les aviser que le film, qui raconte l'histoire de Moïse, ne serait pas diffusé au Maroc parce qu'il pourrait représenter Dieu dans la scène sur sa révélation à Moïse. L'islam et le Maroc interdisent toute représentation de Dieu en public.

Le film a déjà été interdit en Égypte et aux Émirats arabes unis.

Néanmoins, un parti membre de la coalition au pouvoir au Maroc a jugé l'interdiction «incompréhensible», considérant que l'industrie cinématographique est particulièrement importante pour le pays. Le Maroc est une destination majeure pour les tournages de films étrangers et «L'Exode» a été tourné en partie dans ce pays.

Dans un communiqué, le Parti progressiste socialiste estime que les autorités auraient dû gérer ce dossier d'une manière «plus intelligente» pour ne pas nuire à l'image du royaume et préserver la liberté de la création et les arts.

La coalition au pouvoir au Maroc est dirigée par un parti islamiste, bien que l'essentiel du pouvoir soit détenu par le roi Mohammed VI.

L'organisation qui représente les cinéastes marocains a également critiqué l'interdiction du film biblique, la jugeant «ridicule et irrationnelle».

«Cette décision risque de décourager l'investissement cinématographique dans notre pays et d'envoyer les productions étrangères vers d'autres destinations», a déclaré le président de la Chambre nationale des producteurs de films, Abderrahman Tazi, dans un communiqué publié mardi.

La décision du Centre cinématographique marocain d'interdire la présentation du film de Ridley Scott se rapporte à une scène dans laquelle un enfant, qui pourrait être interprété comme une représentation de Dieu, parle à Moïse.

Le centre avait initialement autorisé le film, mais son président, Sarim Fassi-Fihri, a indiqué qu'un représentant du ministère des Communications avait exprimé des objections. Après un deuxième visionnement, la décision a été prise d'interdire le film.

Le ministre des Communications, Mustapha Khalfi, a confirmé que son ministère avait soulevé des objections sur le film.

«La décision a été prise par tous les membres de la commission et cela n'a rien à voir avec la liberté d'expression», a-t-il dit à l'Associated Press.