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29/12/2014 09:05 EST | Actualisé 28/02/2015 05:12 EST

Traversier en feu en Grèce: le bilan passe à 10 morts, l'évacuation est terminée

BARI, Italie - Les derniers passagers du traversier qui a pris feu dans les eaux grecques ont finalement été secourus par hélicoptère, lundi après-midi, plusieurs heures après le début du brasier. Les autorités ont par ailleurs annoncé que le bilan des victimes s'était alourdi, avec un total de 10 morts.

Les 49 passagers restants, qui ont dû patienter plus de 24 heures au froid et sous la pluie, ont été reconduits vers le port de Bari, en Italie.

Le ministre des Transports de l'Italie, Maurizio Lipi, a précisé que 427 personnes avaient été évacuées du bateau dimanche et lundi, incluant les 56 membres de l'équipage.

La liste de passagers originale indiquait 422 passagers, mais l'amiral de la marine italienne Giovanni Pettorino a déclaré que 80 des personnes secourues n'apparaissaient pas sur la liste.

Ce qui confirme ce à quoi des responsables aussi haut placés que le premier ministre italien Matteo Renzi ont fait allusion au cours de la journée: le traversier pourrait avoir transporté bon nombre d'immigrants illégaux tentant d'atteindre l'Italie.

Le propriétaire du traversier «Norman Atlantic» a de son côté affirmé qu'il avait transporté en tout 478 passagers. Les autorités n'ont pas pu expliquer les différences entre les chiffres.

On ne sait pas non plus combien de personnes étaient inscrites sur la liste de passagers mais qui ne sont pas montées à bord.

«On ne peut pas dire combien de personnes pourraient être disparues», a ainsi déclaré M. Lupi.

La garde côtière italienne poursuit ses recherches à l'intérieur du traversier. Et deux bateaux restent présents en mer Adriatique pour continuer la recherche des personnes qui pourraient manquer à l'appel.

Les premiers ministres de la Grèce et de l'Italie ont tous deux offert leurs condoléances aux victimes, reconnaissant le travail «impressionnant» des secouristes.

«Cette énorme opération de sauvetage sans précédent a permis de sauver des centaines de vies (...) dans les conditions difficiles», a souligné le premier ministre grec, Antonis Samaras.

Des passagers secourus se sont souvenu du sentiment de panique qui les a habités lorsque le feu s'est déclaré. Certains ont décrit l'opération de sauvetage comme étant «chaotique».

Lorsque les hélicoptères arrivaient, «les gens se piétinaient pour y entrer», a relaté le passager grec Christos Perlis, ajoutant qu'aucun membre de l'équipage ne donnait d'indications.

Un passager turc a quant à lui déclaré à la station de télévision NTV qu'aucune alarme de feu n'avait retenti; les passagers se sont passé le message entre eux.

«Nous avons vécu le Titanic. La seule différence, c'est que nous n'avons pas coulé», a lancé Saadet Bayhan.

Selon le passager Aylin Akamac, qui s'est confié à l'agence de presse turque Anadolu, il n'y avait que trois canots de sauvetage à bord.

L'incendie s'est déclaré dimanche sur le pont-garage du navire, qui était parti du port grec de Patras à destination d'Ancona, en Italie. Le travail des secours a été compliqué par les bourrasques de vent et la mer agitée.

Une enquête a été ouverte à Bari pour déterminer les causes de l'incendie.