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29/12/2014 07:13 EST | Actualisé 28/02/2015 05:12 EST

M. Turner: Timothy Spall parle d'une de ses expériences de jeu les plus intenses

NEW YORK, États-Unis - Incarner au grand écran l'illustre peintre britannique de paysages J.M.W. Turner a été pour l'acteur Timothy Spall une expérience des plus intenses.

Une fois le travail terminé, l'acteur âgé de 57 ans s'est agenouillé devant la tombe de l'artiste à la cathédrale Saint-Paul de Londres, et a essuyé des larmes.

«Ce fut toute une aventure, vous savez», a exprimé M. Spall, à propos du film «M. Turner» — en salle depuis vendredi.

Dirigé par l'exigeant réalisateur anglais Mike Leigh («Secrets et mensonges», «Happy-go-Lucky»), avec lequel il a déjà collaboré plusieurs fois, M. Spall a été appelé à faire un travail de détective — selon ses propres termes —, plongeant profondément dans l'art de M. Turner pour mieux comprendre l'homme, personnage insaisissable mort en 1851.

En plus de lire tout ce qu'il pouvait juger pertinent, l'acteur a appris à peindre.

«Mike (Leigh) m'a demandé si j'étais prêt à le faire, et j'ai dit 'Ok, si c'est cela qu'il faut', s'est remémoré M. Spall. Et nous avons simplement observé ces toiles, et je disais constamment 'De quoi s'agit-il?'. Et j'ai réalisé que mon travail était de m'attarder à cette explosion de génie et d'en retrouver les sources.»

Pour ce faire, l'acteur a étudié la nature morte, la réalité visuelle, le dessin dans toutes ses formes, et même l'architecture grecque et romaine. «J'ai même commencé à lire sur la théorie des couleurs de Goethe», a-t-il évoqué.

Les films sur des artistes célèbres ont souvent tendance à les montrer comme des génies d'exception. «M. Turner» adopte une autre voie, dépeignant un fils de barbier qui ne fait que travailler avec acharnement. En fait, M. Turner a produit un impressionnant total de 20 000 oeuvres sur papier, et plus de 300 huiles sur toile.

«Il s'y attardait tout le temps. C'est une quantité phénoménale. Il s'agit d'un homme qui ne fait que peindre, et ce qu'il peint est extraordinaire. Et comment il y arrive demeure un mystère», a-t-il exprimé.

Le long métrage est en quelque sorte un contre-emploi pour le réalisateur Mike Leigh, l'un des cinéastes britanniques les plus admirés, qui est surtout reconnu pour ses films contemporains sur des personnages de la classe ouvrière.

«À partir du moment où j'ai commencé à étudier M. Turner, l'homme, je me suis dit qu'il fallait absolument raconter son histoire, a indiqué M. Leigh. M. Turner est un homme, par exemple, qui s'est fait attacher au mât d'un bateau durant une imposante tempête, dans le but de mieux saisir la force de la nature en pleine mer (une scène reconstituée dans «M. Turner»).»