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29/12/2014 02:48 EST | Actualisé 28/02/2015 05:12 EST

La police bosnienne mène une perquisition dans une salle de nouvelles

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine - La police bosnienne a mené une perquisition dans les bureaux d'un portail de nouvelles, lundi, pour découvrir comment des journalistes ont obtenu des enregistrements incriminants pour le parti au pouvoir dans la région autonome serbe de Bosnie-Herzégovine.

L'enregistrement a permis d'apprendre que l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants aurait offert de l'argent à deux députés de l'opposition pour qu'ils votent en faveur du gouvernement serbe.

La perquisition de la police a été autorisée par la cour de Sarajevo, selon le porte-parole du service de police, Irfan Nefic. Les policiers ont fouillé les bureaux pendant sept heures.

Selon le site Klix.ba, les policiers ont confisqué des ordinateurs portables, des disques durs, des téléphones cellulaires, des clés USB et des disques compacts. Trois employés ont été confinés à l'intérieur des bureaux pendant l'opération policière.

Au même moment, des dizaines de journalistes d'autres médias manifestaient devant l'édifice.

En octobre dernier, l'Alliance des sociaux-démocrates indépendants a conservé de justesse sa majorité au Parlement de la République serbe de Bosnie. Avant l'élection, le site de nouvelles Klix.ba avait publié l'enregistrement téléphonique en question, dans lequel Zeljka Cvijanovic, alors haute responsable du parti, aurait avoué que sa formation avait acheté deux élus de l'opposition pour conserver le pouvoir.

Mme Cvijanovic, qui a depuis été désignée première ministre de la région serbe, a plaidé que l'enregistrement avait été créé de toutes pièces.

Des employés du portail avaient auparavant refusé de dévoiler leur source.

«C'est une attaque flagrante contre les médias», a déploré Dario Novalic, directeur du Conseil de presse en Bosnie-Herzégovine. Selon lui, le média en ligne a été accusé d'enregistrement téléphonique illégal.

«Il s'agit de l'attaque la plus brutale en Bosnie-Herzégovine contre la liberté d'expression et les droits des journalistes», a constaté l'Union des journalistes de Bosnie-Herzégovine, dans un communiqué.