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27/12/2014 06:20 EST | Actualisé 26/02/2015 05:12 EST

Les policiers aux funérailles de leur collègue ont contesté le maire de Blasio

NEW YORK, États-Unis - Les centaines de policiers qui étaient venus rendre hommage à Rafael Ramos, un des deux collègues morts en service dans leur voiture de patrouille le 20 décembre, ont profité de ses funérailles pour contester publiquement le maire de New York, Bill de Blasio.

Les agents qui regardaient la cérémonie à l'extérieur de l'église, sur des écrans géants, ont tourné le dos au maire lorsqu'il a amorcé son homélie en l'église Christ Tabernacle, dans le Queens, où il avait été auparavant accueilli par des applaudissements discrets.

«Toute la ville est en deuil pour plusieurs raisons (...) Nous avons perdu un brave homme, et c'est tellement douloureux pour la famille», a déclaré M. de Blasio.

Un policier de New Rochelle, le sergent Myron Joseph, a indiqué que les agents venus d'un peu partout s'étaient tournés «spontanément» pour démontrer leur appui à leurs collègues de New York.

Des représentants des syndicats de la police ont blâmé le maire de Blasio pour avoir alimenté le climat déjà tendu entre les New-Yorkais et les forces de l'ordre. Après le drame, le leader syndical Patrick Lynch a même affirmé que le maire «avait du sang sur les mains» pour avoir mis en doute le travail des policiers au cours des dernières semaines.

Depuis la fusillade, toutefois, M. de Blasio a fermement soutenu les policiers, en demandant à la population d'interrompre les manifestations et en félicitant les policiers pour les arrestations liées à des menaces de représailles contre les forces de l'ordre.

Les policiers ont par contre chaudement applaudi le vice-président américain, Joe Biden, lors de son allocution. M. Biden a notamment affirmé que le service de police de la Ville de New York était le plus grand au monde.

«En visant deux policiers, les balles de l'assassin ont visé cette ville et touché l'âme de la nation tout entière», a dit le vice-président, qui a d'ailleurs fait un appel à l'unité auprès des citoyens de cette ville «cosmopolite».

L’agent Ramos, âgé de 40 ans, et son collègue Wenjian Liu ont été abattus dans leur voiture de patrouille par un tireur qui s’est ensuite enlevé la vie. Cet incident fait suite à la mort de Michael Brown, un jeune Noir abattu par un policier blanc à Ferguson, au Missouri. Sa mort et celle d'autres hommes noirs par la suite, aussi tués par des policiers, ont déclenché des manifestations partout dans le pays, ainsi qu'un débat sur l'utilisation de la force par la police.

Lorsque la famille Ramos est arrivée à l'église, samedi, un policier a étreint le fils aîné, qui portait le manteau d'uniforme de son père.

«Ce qui est arrivé à mon père est une tragédie», a dit son fils Justin, samedi, dans un discours qui a arraché les larmes de centaines de policiers à l'extérieur. «Mais sa mort ne sera pas inutile.»

Le policier Dustin Lindaman, de Waterloo, en Iowa, s'est rendu à New York pour saluer un de ses «frères». «Quand ça arrive, tout le monde est affecté dans les milieux policiers. Ça touche vraiment tout le monde. Nous voulions démontrer notre soutien», a-t-il affirmé.

Rafael Ramos, 40 ans, marié et père de deux enfants, étudiait pour devenir pasteur. Il gardait des livres d'étude de la bible dans son casier, a confié son commandant.

Les détails des funérailles de son collègue Wenjian Liu n'ont pas encore été dévoilés.