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26/12/2014 05:42 EST | Actualisé 25/02/2015 05:12 EST

Wall Street: les observateurs prévoient encore des gains et des turbulences

NEW YORK, États-Unis - Est-ce que les États-Unis peuvent permettre à tout le monde de garder la tête hors de l'eau? C'est la question que se posent les investisseurs alors que Wall Street se projette en 2015.

Une économie américaine forte a contribué à faire grimper le marché des actions en 2014, poursuivant une bulle des marchés qui est en voie de souligner ses six ans en mars. En plus d'une occasion, les investisseurs ont délaissé des actions à la suite de crises géopolitiques et de craintes concernant l'économie mondiale, avant de replonger dans la mêlée à la lumière d'un rapport économique ou de résultats de grandes entreprises laissant croire à la résilience de l'économie américaine.

Si cette bulle ralentit, elle a tout de même connu un parcours remarquable. L'indice Standard & Poor's 500 a plus que triplé par rapport à son creux de mars 2009.

Les stratèges de Wall Street, qui sont généralement optimistes quant au marché des actions aux États-Unis, s'attendent à ce que la progression continue en 2015, mais entrevoient aussi des turbulences comme celle d'octobre dernier.

Voici les éléments majeurs que devront observer les investisseurs:

Encore solide, et non spectaculaire:

2014 a été une année supérieure à la moyenne pour les actions, mais les prévisionnistes de Wall Street s'attendent à une année plus modeste en 2015. L'indice S&P 500 est en voie d'avoir un rendement de 14 pour cent en 2014 incluant les dividendes, un gain significatif mais bien en deçà de la progression de 32 pour cent en 2013. Puisque l'économie américaine devrait continuer à s'améliorer, les actions devraient grimper en 2015, indiquent les analystes.

En moyenne, les stratégistes prévoient que le S&P 500 sera en hausse d'environ six à huit pour cent, avec la plupart des gains provenant de grandes multinationales qui bénéficieraient fortement d'une amélioration de l'économie américaine. Bien qu'il y ait des risques que les ventes internationales d'entreprises établies aux États-Unis ralentissent en raison des faiblesses en Europe et en Asie, les analystes estiment que la croissance américaine compensera pour cette situation.

L'économie américaine devrait croître de 3,1 pour cent en 2015, en progression par rapport à la croissance de 2,2 pour cent attendue cette année.

De lentes remontées des taux

Depuis plusieurs années, la Réserve fédérale américaine a fait des rachats d'obligations afin de maintenir les taux d'intérêt bas et de propulser les prix des actions. Le programme, qualifié d'assouplissement quantitatif, a été conçu pour donner une impression d'obligations plus dispendieuses que les actions en éliminant le rendement sur les obligations. Il a aussi été pensé pour rendre moins onéreux pour les consommateurs et les entreprises d'emprunter.

Ce programme a pris fin en octobre, mais cela ne signifie pas que la banque centrale américaine a cessé d'aider les investisseurs. La Fed a maintenu son taux directeur près de zéro depuis décembre 2008.

De façon générale, les analystes s'attendent à ce que la Fed relève son taux directeur de zéro à un pour cent l'an prochain, dans des augmentations graduelles de 0,25 point de pourcentage.

Alors que les taux d'intérêt augmenteront, les investissements tels que les obligations généreront plus de rendements. Si les obligations ont de meilleurs rendements, les actions auront plus de mal à rester aussi attrayantes. Cela pourrait compliquer la progression des marchés des actions.

Beaucoup de bruit sur le pétrole

L'effondrement des prix du pétrole cette année est devenu une source majeure d'inquiétudes pour des pays producteurs, en plus d'une source de réconfort pour certains investisseurs.

La relation de Wall Street avec le pétrole est complexe. Les revenus pétroliers sont cruciaux pour plusieurs grandes économies, dont celle de la Russie. Les banques prêtent de l'argent et les sociétés énergétiques offrent des obligations à haut rendement aux investisseurs en fonction des revenus pétroliers projetés. Les entreprises dans le secteur de l'énergie dépendent de prix élevés du brut pour faire de l'argent et pour maintenir leurs actions à un haut niveau. Les actions de sociétés énergétiques sur le S&P 500 sont en recul de 10 pour cent cette année.

La question principale pour l'an prochain est de savoir si le monde produit simplement trop de pétrole, ou si l'économie mondiale n'est pas assez solide pour consommer cette production assez rapidement. Aussi, si les prix continuent de chuter, est-ce que les producteurs pétroliers commenceront à réduire la production, ce qui pourrait apporter un peu de souffle aux prix du pétrole.

Des occasions outre-mer?

L'économie européenne se reprenait la première moitié de 2014 avant d'être déraillée par la crise entre l'Ukraine et la Russie. Les sanctions économiques de l'Union européenne contre la Russie après l'invasion de la Crimée ont eu un impact sur l'économie allemande, la première en Europe, beaucoup plus important que ce qui avait été anticipé. Depuis ce temps, l'Europe tangue près de la récession.

L'indice Euro Stoxx 50, l'équivalent européen de la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles, est en hausse de seulement un pour cent en 2014.

La banque centrale européenne s'est investie pour aider à stimuler l'économie de la région, et devrait accélérer ses efforts au début de l'année prochaine. Si cela fonctionne, l'Europe s'écartera des sources d'inquiétudes des investisseurs.

Ceux qui sont prêts à prendre le risque d'investir du côté de l'Europe avant une réelle reprise pourraient obtenir un excellent rendement, indiquent certains analystes.

Le gouvernement chinois en est encore pour sa part dans un effort sur plusieurs années pour ralentir une économie en rapide croissance, qui a connu des résultats mitigés. Si l'économie chinoise connaît un trop grand ralentissement, cela pourrait affecter les marchés à travers le monde.