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24/12/2014 11:30 EST | Actualisé 24/12/2014 11:30 EST

Les pourparlers de paix entre Kiev et les rebelles reprennent à Minsk

News cameramen wait outside the presidential residence in Minsk on December 24, 2014, as fresh round of peace talks of the trilateral contact group with Ukraine's pro-Russian rebels are set to take place in the Belarussian capital on December 24 and 26, to enforce a tenuous peace agreement reached at negotiations in Belarus in September. AFP PHOTO / MAXIM MALINOVSKY
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MAXIM MALINOVSKY via Getty Images
News cameramen wait outside the presidential residence in Minsk on December 24, 2014, as fresh round of peace talks of the trilateral contact group with Ukraine's pro-Russian rebels are set to take place in the Belarussian capital on December 24 and 26, to enforce a tenuous peace agreement reached at negotiations in Belarus in September. AFP PHOTO / MAXIM MALINOVSKY (Photo credit should read MAXIM MALINOVSKY/AFP/Getty Images)

Les pourparlers de paix entre Kiev et les rebelles prorusses sur l'avenir des régions séparatistes de l'est de l'Ukraine ont repris mercredi à Minsk après quasiment quatre mois d'interruption pendant lesquels le bilan humain du conflit s'est alourdi à plus de 4 700 morts.

En cas de succès, cette rencontre préliminaire sera suivie de nouveau round de pourparlers vendredi avec les dirigeants des régions séparatistes de Donetsk et Lougansk.

Les pourparlers "ont commencé" vers 14H30 GMT dans l'ancienne résidence du président bélarusse Alexandre Loukachenko en plein centre de Minsk et "se dérouleront à huis clos", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la diplomatie bélarusse, Dmitri Mirontchik.

Selon une journaliste de l'AFP sur place, ils réunissent l'ex-président ukrainien Léonid Koutchma, l'ambassadeur russe en Ukraine Mikhaïl Zourabov, la représentante de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Heidi Tagliavini et les émissaires des républiques autoproclamée de Donetsk  Denis Pouchiline et de Lougansk Vladislav Deïnego.

"Il ne faut pas s'attendre à des résultats aujourd'hui. Le travail sera lancé aujourd'hui pour donner un résultat concret vendredi soir", a souligné Valéri Tchaly, conseiller diplomatique du président ukrainien Petro Porochenko. 

Il n'a pas exclu que les négociations politiques se poursuivraient ensuite dans le format dit de Normandie avec la participation de la chancelière allemande Angela Merkel, et des présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine. 

Après deux semaines d'incertitude, c'est le président ukrainien Petro Porochenko qui avait annoncé ces pourparlers de mercredi et de vendredi après un entretien téléphonique à quatre avec Merkel, Hollande et Poutine. 

"La question que nous allons discuter (mercredi) c'est l'échange de prisonniers, tous contre tous", a déclaré le dirigeant de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko.

Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé mercredi être prêts à échanger 225 personnes dont des citoyens russes.

Selon des sources ukrainiennes, de 630 à 690 Ukrainiens - militaires, journalistes, volontaires et autres - sont toujours détenus par les rebelles.

Outre l'échange de prisonniers et le retrait des armes lourdes de la ligne de front, questions sur lesquelles les deux parties sont d'accord, les rebelles réclament la reprise du financement des zones sous leur contrôle coupé par Kiev à la mi-novembre et un "statut spécial" pour les régions de Donetsk et de Lougansk. 

Ce statut était prévu par les accords signés à Minsk en septembre. Selon Kiev et les Occidentaux, les rebelles ont sapé ces accords en organisant début novembre des élections dénoncées par la communauté internationale et dont les autorités ukrainiennes demandent l'annulation.

Kiev fait un pas vers l'Otan 

Une nouvelle trêve a été conclue le 9 décembre qui semble être globalement respectée malgré des échanges quotidiens de tirs sporadiques. 

L'armée ukrainienne a ainsi affirmé mercredi avoir essuyé 25 attaques contre ses positions au cours des dernières 24 heures. Six drones ont également survolé une zone proche du port stratégique de Marioupol, dernière grande ville de l'Est sous contrôle de Kiev. 

La rencontre de Minsk se tient sur fond de tensions grandissantes entre Kiev et Moscou au lendemain du vote très symbolique du Parlement ukrainien sur l'abandon du statut de pays non-aligné, décision qui permet à terme à l'Ukraine de demander l'adhésion à l'Otan. 

Pour Moscou, cette décision est "absolument contre-productive" et ne fera qu'"exacerber le climat de confrontation", a réagi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a pour sa part estimé qu'il s'agissait "de facto d'une demande d'adhésion à l'Otan, ce qui transforme l'Ukraine en un adversaire militaire potentiel de la Russie" qui sera contrainte de "réagir".

Mais Kiev cherche des garanties de sécurité après avoir perdu en mars la Crimée rattachée à la Russie suite à la chute du président prorusse Viktor Ianoukovitch qui avait réprimé dans le sang des manifestations pro-européennes à Kiev avant de se réfugier en Russie.

Kiev et l'Occident accusent également Moscou d'avoir ensuite organisé et armé la rébellion prorusse dans l'est de l'Ukraine, poussant les autorités ukrainiennes à lancer une offensive militaire qui a débouché sur un conflit ayant fait plus de 4 700 morts depuis qu'il a éclaté en avril.

La Russie est aussi accusée d'avoir déployé ses troupes régulières - jusqu'à 10 000 soldats actuellement, selon Kiev - dans la zone des combats en Ukraine. Frappé par de lourdes sanctions occidentales, Moscou dément catégoriquement toute implication.

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