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22/12/2014 01:19 EST | Actualisé 21/02/2015 05:12 EST

Le pape François critique vertement la Curie romaine

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le pape François a vertement critiqué lundi la bureaucratie vaticane qui est à son service, dénonçant ceux qui recherchent le pouvoir à tout prix, mènent des doubles vies et souffrent d'un «Alzheimer spirituel» qui leur fait oublier leur mission.

Le message de Noël du pape aux cardinaux, évêques et prêtres qui gèrent le Saint-Siège n'avait rien d'un échange de bons voeux pour le temps des Fêtes. Il recensait plutôt les 15 péchés dont la Curie romaine se rend coupable et qui, espère le pape, seront expiés et corrigés en 2015.

Le pape a notamment dénoncé le «terrorisme des ragots» qui peut «tuer de sang-froid la réputation de nos collègues et de nos frères». Il a déploré ces cliques qui peuvent «assujettir leurs membres et devenir un cancer qui menace l'harmonie du corps» et éventuellement le tuer avec des «tirs fratricides». Et il a affirmé que ceux qui mènent des doubles vies hypocrites «illustrent bien le vide spirituel, médiocre et progressif, qu'aucun diplôme académique ne saurait combler».

«La Curie est appelée à constamment s'améliorer et à croître en communion, en sainteté et en savoir pour s'acquitter de sa mission, a dit le pape François. Mais même elle, comme tout corps humain, peut souffrir de maladies, de problèmes et de dysfonctionnements.»

Le pape François est le premier pontife à être issu d'Amérique latine et il n'a jamais travaillé au sein de la Curie avant son élection. Il ne s'est jamais gêné pour critiquer les rumeurs, le carriérisme et les intrigues bureaucratiques qui minent le Saint-Siège. Mais maintenant que son agenda réformiste s'accélère, il semble plus déterminé que jamais à mettre en lumière les problèmes de l'institution.

Les cardinaux n'entendaient pas à rire. Le discours a reçu des applaudissements polis, et rares sont ceux qui souriaient pendant que le pape énumérait les 15 problèmes qui, selon lui, affligent la Curie.

Il a tout d'abord mentionné le sentiment «d'immortalité, d'immunité ou d'être indispensable» que ressentent certains.

Il a ensuite énumérés les autres un à la fois: La vanité. Le désir d'accumuler des biens. Le fait d'avoir un «coeur endurci». Séduire ses supérieurs à des fins personnelles. Avoir un «visage funéraire» et être «trop intransigeant, dur et arrogant», surtout envers les subalternes — possiblement en référence à sa décision récente de renvoyer un commandant de la Garde suisse qui aurait été trop dur envers ses recrues.

Certaines critiques ont surpris: Travailler trop fort ou prévoir trop longtemps d'avance. Le pape a dit que ceux qui ne prennent pas le temps d'être avec leurs familles ou qui planifient tout dans les moindres détails ne se permettent pas d'être surpris pas «la fraîcheur, la fantaisie et la nouveauté« du Saint-Esprit.

«Comme il est bon pour nous d'avoir un bon sens de l'humour», a dit le pape François.

À la fin de son discours, le pontife a demandé aux prélats de prier pour que «les blessures des péchés que nous portons tous soient guéries» et que l'Église et la Curie elles-mêmes retrouvent la santé.