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21/12/2014 04:13 EST | Actualisé 20/02/2015 05:12 EST

Un responsable des anciens régimes aurait remporté la présidentielle en Tunisie

TUNIS, Tunisie - Les firmes de sondages tunisiennes estiment que Béji Caïd Essebsi, 88 ans, a remporté le deuxième tour de la présidentielle de dimanche, confirmant la mainmise de cet ancien responsable des précédents régimes sur le pays, alors que son parti contrôle déjà le Parlement.

Les sondages menés à la sortie des urnes par Sigma Conseil indiquent que M. Essebsi a remporté 55,5 pour cent des voix, tandis que le président intérimaire sortant Moncef Marzouki aurait obtenu 44,5 pour cent. D'autres firmes de sondage ont donné des résultats similaires.

L'équipe de M. Marzouki estime toutefois que les résultats sont trop serrés pour qu'un vainqueur soit proclamé, et les résultats officiels ne seront pas connus avant 48 heures.

Le deuxième tour de la présidentielle en Tunisie, qui a connu un faible taux de participation, constitue le point culminant de la difficile transition vers la démocratie entamée il y a près de quatre ans, avec des élections parlementaires en octobre et le premier tour de la présidentielle en novembre.

Bien que le parti islamiste modéré Ennahda ait dominé la scène politique immédiatement après la révolution de 2011, il a été incapable de résoudre les problèmes économiques et politiques du pays, qui a également subi plusieurs attaques terroristes.

M. Essebsi a créé le parti Nidaa Tounes — une coalition de responsables de l'ancien régime, d'hommes d'affaires et de syndicalistes — pour s'opposer aux islamistes et pour rétablir le «prestige de l'État» mis à mal dans la foulée de la révolution.

Certains observateurs craignent toutefois que la domination de M. Essebsi et de son parti sur les branches exécutive et législative du gouvernement mène à un retour de l'autoritarisme en Tunisie, un argument que M. Marzouki a tenté de faire valoir durant sa campagne.

Mais les Tunisiens semblent avoir choisi un retour à la stabilité et à la normalité après des années de troubles post-révolutionnaires.

«M. Essebsi, grâce à son expérience politique, ses liens internationaux et son programme, peut réussir à sortir le pays de ses problèmes», estime Mehrez Rakkez, un avocat tunisien. Il juge que les trois années au pouvoir de M. Marzouki en tant que président intérimaire ont été un désastre et que l'élection présidentielle représentait un choix entre «la vie et la mort».