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21/12/2014 01:02 EST | Actualisé 20/02/2015 05:12 EST

Sapin: la concurrence est féroce entre les producteurs américains et canadiens

SHERBROOKE, Qc - La concurrence est féroce entre les producteurs de sapins de Noël américains et canadiens.

Depuis quatre ans, les producteurs canadiens doivent affronter certaines difficultés, dont la forte concurrence des produits américains.

Le marché américain est moins accessible pour le sapin québécois en raison d'une surproduction locale, particulièrement en Caroline du Nord. Ces conifères sont vendus, en moyenne, à 15 $ au Québec. Un sapin d'ici, par exemple, peut se vendre entre 25 et 35 $.

Les arbres de la Caroline du Nord sont vendus dans certaines épiceries comme IGA et MAXI au Québec. Ces chaînes peuvent même les vendre plus bas que leur prix réel.

Selon le secrétaire exécutif de l'Association canadienne des producteurs de sapin de Noël, Lewis Downey, les arbres vendus par certaines grandes surfaces sont de moindre qualité. Pour lui, ce sont «des arbres à la botch».

La demande en Nouvelle-Angleterre pour les produits québécois a notamment dégringolé de près de 50 pour cent. Cette région est pourtant la cible principale des producteurs de sapins.

Si cette situation existe dans l'Est du pays, l'histoire est différente dans l'Ouest canadien. Comme il y a très peu de productions locales au Manitoba et en Colombie-Britannique, les provinces de l'Ouest s'approvisionnent chez les producteurs américains.

«Ce qui fait qu'on vise la Nouvelle-Angleterre, c'est qu'on est à sept ou huit heures de transport de la Nouvelle-Angleterre tandis qu'envoyer un camion vers Edmonton, il est parti pour la semaine», ajoute Lewis Downey.

Le Québec produit environ 1,5 million d'arbres naturels par année, dont 800 000 sont exportés en bateau ou à bord de camions réfrigérés. La Nouvelle-Écosse est la deuxième plus grande productrice d'arbres de Noël au pays.

Selon Statistique Canada, 98 pour cent des arbres exportés sont expédiés aux États-Unis.

Pourtant le nombre de producteurs québécois a diminué de moitiés, passant de 450, à la fin des années 1990, à 280 de nos jours.

L'Association canadienne des producteurs d'arbres de Noël explique que le nombre de petits producteurs de type familial diminue pour laisser la place aux producteurs de type industriel.

M. Downey explique que différentes solutions sont mises en place pour protéger les producteurs d'ici dans ce marché très concurrentiel. «C'est surtout de revoir les règlements pour faciliter le passage aux douanes. Parce qu'il s'agit d'une exportation. On travaille là-dessus. Il y a des démarches pour conserver la tradition de l'achat d'un arbre de Noël naturel. Des campagnes publicitaires sont mises en place. On travaille aussi depuis longtemps à améliorer la génétique des arbres pour qu'ils gardent leur fraîcheur et leur aiguilles plus longtemps.»