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21/12/2014 10:51 EST | Actualisé 20/02/2015 05:12 EST

New York: les policiers encouragés à redoubler de vigilance

NEW YORK, États-Unis - Alors que le président américain Barack Obama a appelé la population au calme après une fusillade contre des policiers à New York, qui a fait deux morts, les départements et les syndicats de la police ont incité leurs agents à changer leurs habitudes pour éviter qu'un tel drame se reproduise.

M. Obama a dû prendre une pause de ses vacances, à Hawaï, pour publier un communiqué tard, samedi soir, dans lequel il a condamné «sans réserve» les gestes du tireur. Il a ajouté que les policiers méritaient «respect et reconnaissance» alors qu'ils protègent les collectivités en mettant leur propre vie en danger.

Les organisations de police ont toutefois encouragé leurs policiers à redoubler de vigilance et à se déplacer en groupe si possible.

Le syndicat des policiers a insisté que les agents devraient répondre à tous les appels toujours à l'aide de deux voitures «peu importe ce que (le) superviseur dit». Les policiers devraient aussi procéder à des arrestations «seulement lorsque c'est vraiment nécessaire».

Le syndicat des détectives a quant à lui conseillé à ses membres de se déplacer dans les rues en groupe de trois et toujours munis de gilets pare-balles.

Le chef du Service de police de New York a quant à lui recommandé aux policiers d'éviter d'attiser les tensions déjà présentes en exprimant leur colère sur les événements.

«Même dans les temps les plus difficiles, nous ferons preuve de professionnalisme», a plaidé James P. O'Neill.

Les témoignages de reconnaissance ont été nombreux à l'endroit des deux policiers abattus — Rafael Ramos et Wenjian Liu — dans leur voiture de patrouille, samedi après-midi, à Brooklyn.

M. Ramos, qui travaillait dans le milieu depuis 2012, était le père de deux garçons, dont un de 13 ans, a indiqué un de ses amis. Son amie Rosie Orengo l'a décrit comme un mari et un père «extraordinaire», ajoutant qu'ils se reverraient «au paradis».

M. Liu occupait son emploi depuis sept ans et il s'était marié il y a deux mois.

En conférence de presse samedi soir, le commissaire William Bratton a salué le sacrifice ultime que les deux hommes ont dû faire pour protéger leur communauté. Le maire de New York Bill de Blasio a quant à lui qualifié les policiers de «héros».

MM. Ramos et Liu ont été la cible du tireur Ismaaiyl Brinsley «en raison de leur uniforme», a expliqué M. Bratton. Le tireur a ensuite pris la fuite dans une station de métro, où il s'est suicidé avec son arme.

Le suspect avait déjà eu des démêlés avec la justice dans l'État de Géorgie, pour possession d'arme et de vol, entre autres.

Quelques heures avant de poser son geste, Ismaaiyl Brinsley avait proféré des menaces sur les réseaux sociaux à l'égard des policiers, disant vouloir venger la mort d'Eric Garner et de Michael Brown. Les deux hommes noirs sont décédés à la suite d'altercations avec des policiers blancs.

«Ils ont pris un des nôtres, prenons-leur deux des leurs», avait-il écrit sur son compte du réseau social Instagram. Il a aussi partagé une photo d'un fusil en argent, ajoutant que «ce serait probablement (son) dernier message».

Les organisations pour les droits civiques et la famille de Michael Brown se sont rapidement dissociées des événements, condamnant la violence des gestes.

«Toute utilisation des noms d'Eric Garner et de Michael Brown pour justifier la violence ou le meurtre de policiers est déplorable (...) Nous avons répété à chaque marche que tous ceux qui se prêtaient à la violence étaient des ennemis à la cause d'Eric Garner et de Michael Brown», a souligné le militant et révérend Al Sharpton, samedi.

La mère d'Eric Garner, a elle aussi exprimé sa tristesse pour les deux policiers.

«Je suis peinée que nous ayons perdu ces deux agents de police; ce n'était vraiment pas notre intention (...) Nous ne voulons pas que vous utilisiez le nom d'Eric Garner pour justifier la violence, parce que ce n'est pas ce que nous prônons», a-t-elle souligné, dimanche, en compagnie du révérend Sharpton.

Le président du syndicat des policiers n'a pas hésité, lui, à associer le drame aux récentes manifestations pour contester la décision d'un grand jury, qui avait choisi de ne pas porter d'accusation contre le policier new-yorkais à l'origine de l'arrestation musclée contre Eric Garner.

Patrick Lynch a lancé que les manifestants et le maire avaient «du sang sur les mains» pour avoir soi-disant «incité à la violence».

Depuis l'affaire Eric Garner, M. Lynch et le maire Bill de Blasio se sont livrés à une querelle publique sur le traitement réservé aux policiers.

Il y a quelques jours, M. Lynch avait même encouragé ses membres à faire circuler une pétition pour demander au maire de ne pas assister aux prochaines funérailles des policiers.