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21/12/2014 11:59 EST | Actualisé 20/02/2015 05:12 EST

La Corée du Nord pourrait être replacée parmi les États appuyant le terrorisme

HONOLULU, États-Unis - Les États-Unis considèrent la possibilité de replacer la Corée du Nord sur sa liste d'États soutenant le terrorisme, a indiqué le président Barack Obama, qui était interrogé sur la récente cyberattaque à l'égard de Sony Pictures, perpétrée vraisemblablement par l'État communiste.

Dans une entrevue diffusée dimanche matin au réseau américain CNN, M. Obama a précisé que les États-Unis évaluaient actuellement les faits pour déterminer si le pays de Kim Jong-un devrait se retrouver parmi les États qui encouragent les organisations terroristes.

Le président a affirmé à l'émission «State of The Union», les incidents récents chez Sony témoignent d'un «cybervandalisme très coûteux». Il n'a toutefois pas voulu qualifier l'attaque «d'acte de guerre», ce qui lui a valu des critiques de ses opposants républicains.

«C'est une nouvelle forme de guerre», a remarqué le sénateur John McCain, à l'antenne de CNN.

En entrevue à CBS, Sa collègue Lindsey Graham a d'ailleurs pressé le président Barack Obama de répondre à cet «acte terroriste» pour que la Corée du Nord «ne veuille plus faire cela à l'avenir».

La Corée du Nord figurait sur la liste des pays appuyant le terrorisme pendant une vingtaine d'années, avant que le président américain George Bush la retire, en 2008, lors de négociations sur le nucléaire.

Depuis que la controverse impliquant Sony Pictures a éclaté, certains politiciens ont demandé à l'administration Obama de réinscrire l'État sur la courte liste.

Seulement l'Iran, le Soudan, la Syrie et Cuba y sont encore et subissent des sanctions économiques et commerciales en conséquence.

Or, ajouter un pays sur cette liste n'est pas simple. Le département d'État doit prouver que le pays visé a appuyé à plusieurs reprises des actes terroristes, souvent associés à des attentats et moins à des cyberattaques.

Le président Barack Obama a d'ailleurs réitéré ses critiques à l'égard de la décision de Sony. La compagnie avait affirmé vendredi soir qu'elle n'avait pas eu le choix d'annuler la sortie du film parce que les cinémas refusaient de le diffuser.

«S'ils m'en avaient parlé directement, j'aurais pu appeler les chaînes de cinéma et les distributeurs de films pour discuter avec eux», a-t-il précisé.

Sony dit avoir contacté la Maison-Blanche pour lui exposer la situation. Des porte-paroles de la Maison-Blanche ont confirmé avoir eu des échanges avec la compagnie, mais il n'a jamais été question du long métrage, selon eux.

«Nous devons donner le ton et montrer clairement que nous ne serons pas intimidés par des pirates informatiques», a ajouté le président.

Un des avocats de Sony Pictures, qui a dû annuler la sortie de «The Interview», a assuré dimanche que le film serait diffusé d'une façon ou d'une autre.

«Personne ne sait encore comment il pourrait être distribué», a indiqué David Boies à l'émission «Meet the Press», à NBC. Le long-métrage met en scène la mort du chef suprême de la Corée du Nord.

«Mais on ne peut pas lancer un film si on n'a pas de distributeur», a-t-il conclu.

La Corée du Nord a toujours nié son implication dans la cyberattaque. Elle a d'ailleurs proposé la tenue d'une enquête conjointe avec les États-Unis, ce qu'a refusé la Maison-Blanche.

Les États-Unis devraient imposer des sanctions commerciales au pays tout au plus. L'administration Obama ne serait pas favorable à une intervention militaire.

«Ce n'est pas seulement un problème de sécurité pour Sony. C'est un problème de sécurité nationale», a remarqué David Boies.