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19/12/2014 01:24 EST | Actualisé 18/02/2015 05:12 EST

Immigrés: la Hongrie est un point chaud pour accéder à l'Union européenne

ASOTTHALOM, Hongrie - Avec la mer Méditerranée devenant trop périlleuse et d'autres voies bloquées par du fil de fer barbelé, les expatriés accèdent d'une nouvelle façon à l'Union européenne (UE): par la Hongrie.

Venant d'aussi loin que l'Afghanistan et la Syrie, mais également d'aussi près que le Kosovo et l'Albanie, des milliers de personnes arrivent en Hongrie et demandent asile, transformant le pays en un bouillonnant lieu de transit.

Le nombre d'immigrés en forte hausse a nourri les mouvements d'extrême-droite et anti-islam en Europe de l'Ouest, en plus de créer des tensions dans des endroits comme Asotthalom, un village hongrois situé près de la frontière avec la Serbie.

Cette année, la situation est devenue à la limite du supportable, a dit le maire Laszlo Toroczkai.

Cet été, il a formé un groupe de patrouilleurs qui passent la majorité de leur temps à cueillir des expatriés, qui sont ensuite amenés à une station de police à Szeged, où la plupart vont demander asile en Hongrie.

Ensuite, comme c'est le cas pour ceux arrivant dans l'UE, ils continuent jusqu'en Allemagne, en Suède ou ailleurs en Europe pour se bâtir une nouvelle vie, ou bien pour rejoindre de la famille qui est déjà là-bas.

À partir de centres de détention de fortune, comme à Szeged, les immigrés, qui ont rarement des papiers pour s'identifier, se font prendre leurs empreintes digitales et reçoivent des soins, si nécessaire. Ils sont ensuite nourris et hébergés. Ceux qui demandent asile (95 pour cent d'entre eux) sont ensuite envoyés au bureau de la migration, qui va décider de leur sort.

La population locale se plaint des débris laissés par les immigrés et des feux qu'ils allument dans les bois des alentours la nuit, en attendant d'être cueillis par des passeurs.

Frontex, l'agence frontalière de l'EU, a dit que la route de l'Ouest des Balkans vers la Hongrie est devenue plus attirante depuis 2012, quand les Grecs ont de beaucoup haussé leur vigilance à Evros, un poste transfrontalier avec la Turquie. Et cette année, la Bulgarie a installé 33 km de fil de fer barbelé à sa frontière avec les Turcs.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que plus de 3400 immigrés ont péri cette année en voulant traverser la Méditerranée, alors que leur nombre croissant, combiné aux problèmes en Libye, ce qui favorise le trafic humain, amène les passeurs à utiliser des embarcations de plus en plus hasardeuses.

Sur 18 900 demandes d'asile faites à la Hongrie en 2013, plus de 11 000 ont été délaissées, ce qui donne du poids à la notion que la plupart des immigrés se rendent ensuite dans d'autres pays.

Le lieutenant Gabor Eberhardt, chef de la police frontalière de Szeged, dit que cette année des procédures pour entrée illégale au pays ont été faites pour plus de 26 000 personnes, venant de 61 pays, comparativement à 34 en 2004, l'année où la Hongrie a fait son entrée dans l'UE.

La Hongrie a reçu 35 000 demandes d'asile cette année, soit près du double du chiffre de l'an dernier.

Environ la moitié viennent du Kosovo au sud de la Serbie, qui longe elle-même la frontière sud de la Hongrie.

«J'ai quitté parce que je veux m'établir dans la vie», a dit Albana Shabani, 22 ans, qui a quitté le Kosovo avec son mari. Tous les deux sans emploi, ils ne voyaient pas d'espoir de trouver du travail au Kosovo, l'un des pays les plus pauvres de l'Europe.

Ils ont pris un autobus pour se rendre à Subotica, dans le nord de la Serbie. Puis, guidés par le GPS de leur cellulaire, ils ont marché pendant trois heures jusqu'à la Hongrie, où ils ont été cueillis par des patrouilleurs à Asotthalom.

Comme plusieurs autres Kosovars, leur destination est l'Allemagne, l'une des économies les plus solides en Europe. Certains immigrés y sont nés ou y vivaient déjà comme réfugiés de guerre, mais ils ont été déportés en 2010, quand le Kosovo a été déclaré assez sécuritaire pour qu'ils y retournent.