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18/12/2014 05:59 EST | Actualisé 17/02/2015 05:12 EST

Poutine affirme que les sanctions occidentales ont été un facteur dans la crise

MOSCOU - Le président russe Vladimir Poutine s'est engagé jeudi à relancer l'économie de son pays d'ici deux ans.

Il s'est dit confiant de voir le rouble se rétablir et a promis de diversifier l'économie russe, qui dépend lourdement des exportations de gaz naturel.

S'exprimant avec confiance et émotion, M. Poutine a adopté une position de provocation face à l'Occident, qu'il accuse de chercher à détruire son pays.

M. Poutine a admis que les sanctions occidentales ont été un facteur important dans la crise économique actuelle, estimant qu'elles représentent entre 25 et 30 pour cent des problèmes du rouble. Il a ensuite ajouté que l'effondrement de la devise est aussi attribuable à la forte dépendance de l'économie russe envers les exportations d'hydrocarbures.

M. Poutine affirme que le pays dispose de suffisamment de réserves de change pour garantir la stabilité de l'économie. Il a précisé que la banque centrale ne devrait pas «brûler» inutilement ses réserves de 419 milliards $ US.

«Notre économie surmontera les difficultés actuelles. Combien de temps cela prendra-t-il? Si les conditions sont les pires imaginables je pense que ça prendra environ deux ans», a-t-il dit.

M. Poutine a décoché plusieurs flèches en direction des États-Unis et de l'Union européenne, affirmant que les sanctions imposées à la Russie après son annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée s'inscrivent dans le cadre d'une campagne historique pour affaiblir son pays. Il a accusé l'Occident de porter atteinte à la souveraineté russe et dit que la crise ukrainienne a servi de prétexte à une intervention occidentale.

«Je me dis parfois qu'ils laisseront l'ours manger des baies et du miel en paix dans la forêt, a-t-il déclaré en référence au symbole traditionnel de la Russie. Mais on dirait que non. Parce qu'ils voudront toujours l'enchaîner, et dès qu'ils auront réussi ils pourront lui arracher les griffes et les crocs­.»

Il a précisé que les crocs et les griffes font référence aux armes nucléaires de la Russie, et que l'Occident veut affaiblir la Russie pour s'emparer de ses richesses naturelles.

«Une fois les griffes et les crocs arrachés, l'ours n'est plus nécessaire. Il devient un animal empaillé, a poursuivi le président Poutine. Le problème n'est pas la Crimée, le problème est que nous protégeons notre souveraineté et notre droit d'exister.»

Il a dit que les récentes activités militaires de la Russie ont été rendues nécessaires par ce qu'il a décrit comme des gestes agressifs posés par l'Occident.

Malgré ses propos épineux à l'endroit de l'Occident, M. Poutine a appelé à une solution politique de la crise ukrainienne, où des combats entre l'armée gouvernementale et les insurgés prorusses ont fait 4700 morts depuis le mois d'avril.

Il a dit que l'Ukraine doit demeurer une seule entité politique, indiquant que les régions rebelles prorusses de l'Est ne devraient pas faire sécession. Il a ensuite suggéré un échange total de prisonniers entre les deux camps avant Noël.

M. Poutine conserve l'espoir de normaliser les liens de la Russie avec l'Occident, ajoutant que la Russie comptait encore élargir ses livraisons de gaz vers le sud de l'Europe.