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18/12/2014 08:18 EST | Actualisé 17/02/2015 05:12 EST

Le Venezuela isolé par les rapprochements entre Cuba et les États-Unis

CARACAS, Venezuela - Le dégel des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba isole davantage un des alliés naturels de La Havane, le Venezuela, qui affiche de plus en plus ses sentiments antiaméricains.

Bien que le président vénézuélien Nicolas Maduro et d'autres dirigeants en Amérique latine aient applaudi l'échange de prisonniers cubains et la levée possible de l'embargo avec les États-Unis, les experts considèrent que ce rapprochement aura pour effet de changer complètement la dynamique dans la région et de laisser le Venezuela seul sur son front.

L'annonce du président Barack Obama est survenue seulement quelques jours après que le président Maduro eut appelé les citoyens à manifester contre «l'impérialisme américain», ajoutant qu'il songeait à briser tous les liens avec «le Yankee insolent».

La semaine dernière, le Congrès américain a d'ailleurs imposé des sanctions à certains dirigeants du régime socialiste vénézuélien. Le pays de M. Maduro maintenait de très bonnes relations avec Cuba depuis plusieurs années.

Son prédécesseur, le défunt Hugo Chavez avait parlé de Fidel Castro comme d'un «mentor». Depuis l'élection de Chavez, il y a 15 ans, le Venezuela exporte du pétrole vers Cuba en échange de médecins et d'autres services — une nécessité pour ce pays qui a peiné à se relever après l'implosion d'un autre de ses alliés, l'Union soviétique. Or, avec la chute des prix du pétrole, le Venezuela doit maintenant combler ses manques avec des prêts de la Chine.

Le taux de satisfaction à l'égard du président Maduro a d'ailleurs diminué considérablement, oscillant autour de 30 pour cent. Selon l'analyste politique Elsa Cardozo, l'allié naturel de Cuba ne lui accordera peut-être plus le même soutien qu'auparavant.

«Cuba a dû trouver une solution à sa dépendance envers le Venezuela», a-t-elle précisé.

Certains estiment que ce renouvellement des liens entre les deux pays démontre qu'il est possible de travailler ensemble malgré les différences idéologiques.

Le président de la Bolivie, Evo Morales, y voit plutôt un signe que la résistance dont a fait preuve Cuba envers le géant américain peut donner des résultats.