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17/12/2014 12:04 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Les États-Unis et Cuba vont rétablir leurs relations diplomatiques

WASHINGTON - Les États-Unis et Cuba se sont entendus pour rétablir leurs relations diplomatiques et raviver leurs liens économiques et de voyage, ce qui représente un changement majeur de l'attitude américaine envers l'île communiste après un demi-siècle d'hostilité.

Le président américain Barack Obama a annoncé mercredi la fin d'une approche «dépassée».

«L'isolement n'a pas fonctionné, a-t-il dit à la Maison-Blanche. Le moment est venu d'adopter une nouvelle approche.»

Au même moment, le président cubain Raul Castro prenait la parole devant ses concitoyens. Il a applaudi le rétablissement des relations entre les deux pays, tout en prévenant que des différends importants persistent dans des domaines comme les droits de la personne, la politique étrangère et la souveraineté. Il a ajouté que les deux pays devaient apprendre à vivre avec leurs différences «de manière civilisée».

L'annonce survient alors que les mesures de confiance se multiplient soudainement entre les deux pays, incluant la libération du prisonnier américain Alan Gross et celle de trois Cubains détenus aux États-Unis.

Un espion à la solde des États-Unis, emprisonné depuis plus de 20 ans à Cuba, a été relâché en même temps que M. Gross.

MM. Obama et Castro s'étaient entretenus au téléphone pendant plus de 45 minutes mardi, ce qui représentait le premier contact présidentiel important entre les deux pays depuis 1961. Les deux hommes avaient échangé une brève poignée de main lors des funérailles de Nelson Mandela, il y a un an.

Les annonces de mercredi surviennent après plus d'un an de discussions secrètes entre des représentants américains et cubains au Canada et au Vatican. Des responsables américains ont indiqué que le pape François était intervenu personnellement dans le processus, et qu'il avait envoyé des lettres distinctes à MM. Obama et Castro l'été dernier pour les inciter à reprendre le dialogue.

M. Gross est arrivé en sol américain en milieu de journée mercredi. L'homme de 65 ans avait été libéré quelques heures plus tôt pour des raisons humanitaires, après cinq années de captivité. Il était accompagné de sa femme et de trois politiciens américains. M. Obama a déclaré que sa captivité avait représenté un «obstacle important» à la normalisation des relations entre les deux pays.

Les États-Unis rouvriront sous peu leur ambassade à La Havane et les échanges de haut niveau entre les deux gouvernements se multiplieront. Washington allègera aussi les interdictions de voyage à destination de Cuba, entre autres en ce qui concerne les visites familiales, les déplacements gouvernementaux et les activités éducatives. Les visites touristiques demeurent toutefois interdites.

Le président Obama n'a pas le pouvoir de lever l'embargo commercial imposé à Cuba, puisque la mesure a été adoptée par le Congrès.

Les voyageurs américains autorisés à se rendre à Cuba pourront ramener aux États-Unis 400 $ US en biens cubains, dont des produits d'alcool et de tabac valant moins de 100 $ US. Cette mesure marque donc la fin de l'interdiction de longue date qui pesait sur l'importation de cigares cubains, mais certaines limites demeurent en vigueur.

Washington augmente aussi, de 500 $ US à 2000 $ US, la quantité d'argent que les Américains peuvent envoyer à des Cubains tous les trois mois. M. Obama autorise aussi des visites familiales illimitées aux Américains d'origine cubaine et abolit la limite annuelle de 1200 $ US en remises.

Le secrétaire d'État John Kerry examinera de son côté le statut de Cuba en tant qu'«État commanditaire du terrorisme».

Les trois espions cubains libérés sont considérés comme des héros dans leur pays. Ils font partie d'un groupe de cinq agents dépêchés aux États-Unis par l'ancien président Fidel Castro. Deux d'entre eux ont déjà été libérés, après avoir complété leur peine. Tous avaient été condamnés à Miami en 2001.