NOUVELLES
17/12/2014 05:08 EST | Actualisé 16/02/2015 05:12 EST

Anne-Catherine Tanguay ne brûlera pas les étapes à sa 1re saison chez les pros

MONTRÉAL - Jamais deux sans trois, dit le célèbre dicton. Après Maude-Aimée Leblanc et Sara-Maude Juneau, qui ont connu quelques moments de gloire sur le circuit de la LPGA au cours des dernières années, il y a fort à parier que le nom de Anne-Catherine Tanguay reviendra souvent sur les lèvres des amateurs de golf québécois à compter de 2015.

Tanguay tentera de se qualifier pour son premier tournoi professionnel sur le circuit-école Symetra à Mesa, en Arizona, à compter du 21 février, après avoir gradué de l'Université de l'Oklahoma au printemps. Même si la principale intéressée est gonflée à bloc pour la prochaine saison, elle a reconnu mercredi, en entrevue à La Presse Canadienne, qu'elle avancera au rythme de sa progression, sans brûler d'étapes.

«C'est un long cheminement, souligne-t-elle. Toutes les filles sont différentes, et chacune a sa propre stratégie pour obtenir sa carte de la LPGA. Personnellement, je privilégie de terminer parmi le top-10 (au classement général) des golfeuses du circuit Symetra en 2015. Je vais donc me concentrer davantage sur ces tournois, afin d'éviter de m'éparpiller avec des qualifications pour les tournois de la LPGA. Jouer sur ces deux circuits en même temps, c'est comme faire les choses à moitié des deux bords.»

La jeune golfeuse âgée de seulement 21 ans a fait écarquiller bien des yeux au sud du 49e parallèle en terminant son stage universitaire de quatre ans à l'Université de l'Oklahoma en deuxième place aux chapitres du meilleur score moyen en carrière (74,09), du nombre de rondes à égalité avec la normale ou sous celle-ci (38) et du nombre d'oiselets obtenus (338).

«Mes statistiques le démontrent. Je suis très, très, très constante dans mon golf, martèle l'ex-championne junior et amateure du Québec. Mes coups de départ sont pratiquement toujours en jeu — c'est l'une de mes forces —, et je suis habituellement très bonne sur les verts. Sauf que j'ai eu des difficultés cet été, et malheureusement ça m'a suivie jusqu'au tournoi de qualifications de la LPGA.»

À sa première participation aux qualifications d'un circuit professionnel, en octobre, ses cartes de 72, 78,74 et 74 n'ont pas été suffisantes pour lui permettre de décrocher sa carte de la LPGA. Mais qu'à cela ne tienne, même si sa carrière professionnelle n'en est qu'à ses premiers balbutiements, son passage des rangs amateurs aux rangs professionnels se fait plutôt en douceur. Celle qu'on surnomme 'AC' dresse d'ailleurs un parallèle entre sa décision de quitter le Québec pour se retrouver dans les rangs universitaires américains, et celle de devenir une golfeuse profesionnelle.

«La première année universitaire en fut une d'ajustements, et c'est à peu près la même situation depuis que j'ai décidé de devenir professionnelle. Tu te retrouves dans un nouvel environnement et tu dois trouver tes repères, donc c'est un peu la même affaire, assure-t-elle. Et puis, toutes les filles que j'ai affrontées à l'université — américaines ou d'ailleurs dans le monde — sont toutes rendues au même stade que moi. Je me suis fait de nouvelles amies, et je sais qu'elles seront là dans les rangs professionnels. Ce n'est donc pas un dépaysement pour moi.»

De plus, en obtenant sa certification de catégorie I pour jouer sur le circuit Symetra l'an prochain, elle est également consciente qu'elle y retrouvera des visages qui lui sont familiers.

«J'ai disputé des tournois juniors avec Maude-Aimée, et Sara-Maude est une de mes bonnes amies, a reconnu Tanguay. Chaque fois que je reviens à Québec, on se voit pour prendre un bon café. On a aussi fait partie de l'académie de golf ensemble, et on a joué longtemps ensemble.»

Drouin-Luttrell, la mentor de Tanguay

Selon Tanguay, le déclic dans sa carrière s'est fait lorsqu'elle a rencontré l'entraîneuse des Sooners de l'Université d'Oklahoma, Véronique Drouin-Luttrell. Elle a rencontré cette dernière à l'âge de 15 ans, alors qu'elles participaient à un championnat amateur, puis elles se sont revues lorsque Drouin-Luttrell est revenue au Québec pour la recruter.

«Véro était vraiment là pour m'appuyer, voir les choses qui ne me sautaient pas aux yeux, a-t-elle confié. Elle m'a vraiment aidé à reconnaître les erreurs que je commettais, et moi je travaillais là-dessus chaque fois que je le pouvais. (...) Aujourd'hui, elle n'est plus vraiment mon entraîneuse, mais on reste en contact et on est proches l'une de l'autre.»

Invitée à commenter la progression de sa protégée à l'issue de ses quatre saisons universitaires, Drouin-Luttrell ne tarissait pas d'éloges envers elle lors d'une récente entrevue accordée à l'Oklahoma University Sports Extra.

«Elle a vraiment très, très bien joué pour nous pendant quatre ans, avait déclaré Drouin-Luttrell plus tôt cette année. J'ai hâte de voir ce qui attend maintenant 'AC'.»