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16/12/2014 09:38 EST | Actualisé 15/02/2015 05:12 EST

Le projet de l'usine de production d'urée à Bécancour est mis sur la glace

MONTRÉAL - Trois mois après avoir repoussé l'échéancier de l'usine de production d'urée à Bécancour, la coopérative indienne IFFCO et la Coop fédérée ont décidé de mettre leur projet sur la glace pour une période indéterminée.

Puisque les coûts estimés sont passés de 1,2 milliard $ à plus de 2 milliards $, les deux coopératives ont indiqué mardi qu'elles voulaient dénicher de nouveaux partenaires pour compléter le montage financier.

«Ce n'est pas un abandon, mais un repli nécessaire à ce projet, a indiqué un porte-parole d'IFFCO Canada, Yvan Martin. Les actionnaires veulent se donner des conditions optimales pour le réaliser.»

Au cours d'un entretien téléphonique, M. Martin n'est pas entré dans les détails des éléments qui font grimper les coûts, affirmant qu'il s'agissait d'une tendance observée en Amérique du Nord pour des projets similaires.

«Compte tenu de l'abondance énergétique en Amérique du Nord, plusieurs projets lèvent, ce qui met une pression à la hausse sur les coûts pour les réaliser», a-t-il dit.

Le porte-parole de la coopérative indienne n'a pas fourni d'échéancier précis quant à la nouvelle mise en service de l'usine d'engrais, mais a précisé que «tous les actionnaires» avaient entériné la suspension indéterminée.

Cette décision met ainsi un frein à la préparation des plans et devis ainsi que la signature d'un contrat pour l'ingénierie, l'approvisionnement ainsi que la construction des installations.

En septembre dernier, les dirigeants de la coopérative indienne avaient indiqué qu'ils reportaient la mise en service de l'usine en 2018 plutôt qu'en 2017.

IFFCO, qui craignait pour son approvisionnement en gaz, avait demandé à l'Office national de l'énergie d'approuver la requête de Gaz Métro afin que la société soit en mesure d'augmenter ses approvisionnements en gaz américain.

Gaz Métro s'oppose également à la décision de TransCanada (TSX:TRP) de convertir un tronçon de son gazoduc entre North Bay et Ottawa (projet Énergie Est) pour y faire passer du pétrole, ce qui, d'après l'entreprise, fragilisera l'approvisionnement en gaz naturel.

«C'est difficile de se prononcer sur l'effet du projet Énergie Est quant aux capacités canadiennes de transport (de gaz)», s'est contenté de dire M. Martin à ce sujet.

Annoncée par le gouvernement péquiste à l'automne 2012, la construction devait initialement débuter en 2014, ce qui devait générer entre 1000 et 1500 emplois. L'exploitation des installations devait fournir du travail à environ 250 personnes.

«Ça demeure le scénario sur lequel nous travaillons», a dit le porte-parole d'IFFCO.

Investissement Québec — qui a investi 5 millions $ dans le projet pour une étude de préfaisabilité — n'a pas l'intention de se départir de sa participation.

«Nous sommes un investisseur patient, a expliqué sa porte-parole, Chantal Corbeil. On les laisse faire le montage financier et après on verra.»

Dans le cadre du projet, la Coop fédérée — un des actionnaires — devait acquérir annuellement près de 500 000 tonnes d'urée.

IFFCO — Indian Farmers Fertiliser Cooperative — est l'une des plus importantes coopératives d'engrais dans le monde avec un chiffre d'affaires annuelle estimé à plus de 5 milliards $.

Fondée en 1922, la Coop fédérée est la propriété de plus de 100 000 membres regroupés au sein de 97 coopératives. En incluant ses coopératives affiliées, elle compte près de 16 000 employés et un chiffre d'affaires combiné de 8,3 milliards $.