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15/12/2014 07:17 EST | Actualisé 14/02/2015 05:12 EST

Procès de Magnotta: la Couronne voulait que les jurés voient «Basic Instinct»

MONTRÉAL - Les jurés qui commenceront mardi à délibérer sur le sort de Luka Rocco Magnotta devront considérer une quantité impressionnante de matériel, dont une montagne de vidéos de preuve.

Bien que fasse partie de la preuve la vidéo macabre du démembrement de la victime de Magnotta, l'étudiant chinois Jun Lin, la Couronne n'a pas pu montrer deux pièces lors du procès. Le procureur Louis Bouthillier voulait que le jury regarde le film «Basic Instinct» et une vidéo datant de 2008 d'une audition que Magnotta avait faite pour participer à l'émission de téléréalité «Plastic Makes Perfect».

Le film américain de 1992 «Basic Instinct», avec Sharon Stone, a été évoqué de nombreuses fois durant le procès. De nombreux parallèles entre le cas et le scénario du film ont amené la Couronne à penser qu'il avait inspiré l'accusé.

M. Bouthillier a suggéré que les jurés le visionnent et se fassent une idée, mais la défense s'est vivement opposée, soutenant qu'il n'y avait aucun lien et que le film n'avait pas de teneur de preuve.

Le juge Guy Cournoyer a finalement rejeté la suggestion.

Avant de rendre sa décision, toutefois, il l'a regardé chez lui.

«Pour moi, ce n'est pas nécessaire, c'est une perte de temps qu'on regarde ce film au complet. Pour être honnête, je suis tombé endormi en essayant de le regarder hier soir, a-t-il dit. Ce n'est pas un film qui a résisté à l'épreuve du temps. C'est très ennuyant.»

Quant à la vidéo de l'audition, la Couronne considérait qu'elle illustrait bien la personnalité narcissique dont elle croit que Magnotta souffre (plutôt que de schizophrénie). Mais le juge Cournoyer a affirmé que, bien qu'elle ait une valeur, elle est trop éloignée des accusations qui pèsent sur Magnotta.

L'accusé aura finalement gardé le silence tout au long de son procès. La défense avait dit qu'il ne témoignerait pas, mais elle a laissé la porte ouverte jusqu'à la toute fin. Mais Magnotta a exercé son droit de garder le silence.

Magnotta, âgé de 32 ans, a plaidé non coupable aux accusations de meurtre prémédité, d'outrage à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour envoyer du matériel obscène, et de harcèlement criminel. L'accusé, originaire de Scarborough, en Ontario, reconnaît être l'auteur de ces crimes, mais son avocat, Luc Leclair, tente d'obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de maladie mentale.