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14/12/2014 05:45 EST | Actualisé 13/02/2015 05:12 EST

Québec maintiendra son appui aux organismes de soutien à la culture scientifique

MONTRÉAL - Les organisations scientifiques ont poussé un soupir de soulagement, dimanche, alors que le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations a annoncé que Québec maintiendrait finalement leurs subventions.

Vendredi, plusieurs médias avaient rapporté que le gouvernement allait cesser d'accorder un soutien financier à des publications scientifiques, comme le magazine «Les Débrouillards» et l'Agence Science-Presse. Le quotidien «Le Soleil» avait aussi appris que l'aide financière aux Expo-sciences ne serait pas été renouvelée.

Dans un communiqué transmis en fin d'après-midi, dimanche, le ministre Jacques Daoust a justifié son recul par le fait que ces organismes sont importants pour le «développement de la culture scientifique pour les jeunes et moins jeunes» et le développement économique de la province.

«Je pense que c'est annonciateur de bonne nouvelle, mais on reste prudents. Je n'ai pas eu d'appel du sous-ministre encore (...) On est optimistes, mais on reste prudents. Quand même, c'était assez important ce qui s'est passé, de couper ainsi en culture scientifique», a commenté Josée Nadia Drouin, présidente de l'Agence Science-Presse.

L'agence de presse allait devoir «mettre la clé dans la porte» puisque 70 pour cent du financement de ses activités provenait des sommes allouées par le gouvernement, selon Mme Drouin.

«Je remercie le ministre Daoust d'avoir réalisé rapidement que cette décision-là était une erreur grave et de l'avoir corrigée très rapidement», a souligné en entrevue à RDI Félix Maltais, éditeur des Publications BLD, dont font partie «Les Débrouillards».

Mme Drouin et M. Maltais ont tous deux expliqué le recul du gouvernement, en partie, par la mobilisation «spontanée» de la population. Des pétitions avaient été mises en ligne et les réactions fusaient sur les réseaux sociaux.

Le Réseau CDLS-CLS — qui organise notamment les Expo-sciences, les Défis technologiques et le Club des Débrouillards — a lui aussi salué la «décision courageuse» du ministre Daoust.

«Le Réseau CDLS-CLS est confiant de convaincre le ministère du rôle capital que le gouvernement doit jouer envers les organismes qui œuvrent dans le milieu de la culture scientifique. Nous serons des acteurs positifs dans l'élaboration des scénarios de financement pour 2015-2016», a déclaré le directeur, Roland Grand'Maison, dans un communiqué publié dimanche soir.

Le communiqué du ministre précise qu'il rencontrera les organismes concernés dans les prochains jours pour «revoir les scénarios de financement pour 2015-2016».

La porte-parole du Parti québécois en matière de culture, Véronique Hivon, s'est réjouie de la décision du gouvernement, qui était, selon elle, «complètement inacceptable».

«C'est important que le gouvernement se rende compte qu'il y a des fois où ça fait moins mal de reculer que de complètement déstructurer un secteur d'activité», a-t-elle expliqué, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

La porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de culture et communications, Claire Samson, considère elle aussi le recul du gouvernement comme une bonne nouvelle.

«Je ne peux que le féliciter d'avoir constaté que ça n'avait pas d'allure (...) Je pense que c'était flagrant qu'il s'agissait d'une erreur», a-t-elle affirmé.

Les deux députées de l'opposition ont déploré que le gouvernement ait pris cette décision «sans études d'impact et sans consultation».

Tard dimanche soir, l'attachée de presse du ministre Daoust, Melissa Turgeon, a pourtant affirmé à La Presse Canadienne que son patron n'avait jamais donné son aval à la proposition, qui provenait plutôt de son ministère. Elle a également expliqué que le ministre s'était donné le temps d'analyser la proposition avant de prendre une décision sur le dossier.

Mme Turgeon a précisé que toutes les sommes seront donc versées, mais que le libellé de l'aide serait probablement changé et que le financement ne serait pas nécessairement accordé pour le fonctionnement des organismes.