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12/12/2014 06:36 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

Le TSX se tournera vers la consommation, la finance et l'industrie en 2015

TORONTO - La Bourse de Toronto devrait croître modérément en 2015, mais cela risque de se faire sans l'appui du secteur de l'énergie, au sein duquel les actions des sociétés de pétrole et de gaz naturel ont grandement souffert, ces derniers mois, de la culbute du prix du pétrole brut.

Selon des analystes, le marché boursier trouvera son soutien dans deux des secteurs qui ont le mieux performé cette année — la consommation et l'industrie — et qui profiteront de l'amélioration de l'économie américaine, de la faiblesse des prix du pétrole et du recul du dollar canadien.

«La baisse des prix du pétrole finit par être un important stimulant qui va profiter aux consommateurs et aux entreprises de transport, les chemins de fer, les lignes aériennes, des choses comme ça», a noté Paul Vaillancourt, vice-président directeur à la gestion de patrimoine chez Fiera Capital, à Calgary, ajoutant au passage qu'un huard moins vigoureux était un avantage pour les secteurs des industries, des forestières et du logement.

Au milieu de l'été, le TSX affichait un gain de près de 15 pour cent par rapport au début de l'année, mais il semble maintenant qu'il aura de la difficulté à terminer 2014 en territoire positif. Vers la mi-décembre, il ne cumulait qu'une légère croissance d'à peine 100 points, soit 0,8 pour cent par rapport au début de l'année.

Les marchés boursiers américains ont eu une meilleure année, la moyenne Dow Jones affichant toujours une hausse de 700 points, soit un peu plus de quatre pour cent, à l'approche de la fin de 2014, tandis que l'indice élargi S&P 500 avançait de huit pour cent. Ces gains persistent malgré la fin de l'important programme d'achats obligataires mensuels de la Réserve fédérale des États-Unis, qui a longtemps gardé les taux d'intérêt à long terme à un faible niveau.

La plupart des observateurs s'attendent à ce que la Banque du Canada commence à hausser les taux d'intérêt en 2015, une première depuis la crise financière de 2008. Mais la banque centrale pourrait décider d'attendre encore plus longtemps, tout dépendant des dommages que la chute du cours du pétrole brut pourrait causer à la croissance économique canadienne.

La performance de la Bourse de Toronto a été très inégale pendant 2014.

Le secteur de l'énergie, qui représente environ 23 pour cent du TSX, affichait un recul d'environ 30 pour cent sur l'année à deux semaines de la fin de 2014, une conséquence du plongeon de plus de 40 pour cent du cours du pétrole depuis le milieu de l'été.

Le prix du brut a souffert d'une surabondance des réserves et de la décision des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole de maintenir leur production au niveau actuel.

Les attentes vis-à-vis ce groupe sont plutôt minces puisque les analystes croient que le pétrole pourrait perdre encore pas mal de plumes.

«Beaucoup d'offre, peu de demande, c'est une recette pour faire chuter les prix des matières premières», a observé John Stephenson, président et chef de la direction de Stephenson and Co.

«Et les endroits qui en sont typiquement responsables, comme les États-Unis, vont clairement de l'avant avec leur production.»

Un autre important pilier du parquet torontois, le secteur des métaux et minerais diversifiés, a perdu environ 20 pour cent et continuera de subir la pression de la faiblesse de l'économie mondiale et, en particulier, du ralentissement de l'économie chinoise.

Mais le groupe de la consommation de base, qui comprend les grandes chaînes de supermarchés et les sociétés alimentaires comme Metro (TSX:MRU) et George Weston (TSX:WN), a bondi de 35 pour cent, stimulé, entre autres choses, par le fait que les ménages auront plus d'argent disponible pour dépenser maintenant que les prix de l'essence ont diminué.

Le secteur industriel du TSX est en voie de terminer l'année avec un gain de près de 10 pour cent, retenu par les actions des transporteurs ferroviaires, qui ont fortement retraité en raison des inquiétudes liées à une éventuelle réduction des quantités de pétrole brut transportées par rail. Mais les titres des lignes aériennes ont bénéficié des économies sur les coûts du carburant.

La baisse des prix du pétrole et du huard devraient aussi avantager le secteur de la consommation discrétionnaire, qui a avancé d'environ 23 pour cent cette année. Ce groupe comprend certains géants du secteur du détail, notamment Canadian Tire (TSX:CTC.A) et des sociétés de pièces automobiles comme Magna International (TSX:MG), qui connaissent de beaux jours avec la croissance des ventes de véhicules automobiles.

Le secteur de la finance, la plus grande présence sur le TSX avec un poids de 35 pour cent, devrait aussi connaître une croissance en 2015, après avoir cumulé un gain d'environ cinq pour cent cette année.

Cette performance pourrait cependant être amoindrie par les inquiétudes sur l'impact de la baisse des cours du pétrole sur l'économie canadienne, mais Brian Belski, stratège en chef des investissements chez BMO Marchés des capitaux, croit que les actions de ce groupe ont toujours leur place dans les portefeuilles des investisseurs.

«Des bilans immaculés, des résultats soutenus et une croissance consistante des dividendes, sans compter le comportement (des institutions canadiennes), historiquement supérieur à celui de leurs consoeurs au sud, devraient vraisemblablement récompenser le secteur avec de meilleurs rendements sur les capitaux pendant les années à venir», a-t-il fait valoir dans ses perspectives pour le marché en 2015.

Les attentes pour le TSX en 2015 restent mitigées. M. Stephenson prédit une croissance d'entre cinq et six pour cent, tandis que M. Belski croit que le TSX pourrait clôturer 2015 près du niveau des 15 600 points, ce qui représenterait une croissance d'environ 14 pour cent.

Les perspectives pour les marchés boursiers américains sont plus optimistes, l'économie américaine continuant à surpasser celle des autres pays développés. M. Belski s'attend à ce que le S&P 500 prenne entre neuf et dix pour cent — une bonne performance qui devrait, en retour, donner un coup de pouce à la Bourse de Toronto.

«L'économie des États-Unis repose clairement sur de bien meilleures bases, a noté Colum McKinley, gestionnaire de valeurs chez Gestion d'actifs CIBC. Et le marché boursier canadien a toujours profité des périodes de vigueur des données fondamentales américaines.»