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11/12/2014 09:59 EST | Actualisé 10/02/2015 05:12 EST

Transat A.T. ne semble pas craindre le transporteur à bas prix Rouge

MONTRÉAL - Le voyagiste québécois Transat A.T. (TSX:TRZ.B) ne craint pas pour sa rentabilité en 2015, et ce, même si la concurrence s'annonce féroce en raison des ambitions de Rouge, le transporteur à bas prix d'Air Canada (TSX:AC).

Depuis son lancement en 2013, Rouge a constamment ajouté de la capacité vers de multiples destinations, et tout indique que le transporteur agira de la sorte l'an prochain vers les routes transatlantiques.

Le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, n'a toutefois pas semblé inquiet, jeudi, lorsqu'il a été questionné sur ce dossier lors d'une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre.

«Cette année, tout le monde s'attendait à nous voir tomber en raison de Rouge, a-t-il dit aux analystes financiers. Qu'est-ce qui est arrivé? C'est le deuxième meilleur été qu'on a jamais eu.»

Le patron de l'entreprise qui exploite le transporteur Air Transat a toutefois prévenu qu'il n'était pas un «devin», refusant de s'avancer sur l'exercice 2015, puisque la stratégie sera dévoilée lors de l'assemblée annuelle des actionnaires en mars.

«Nous avons les bonnes routes, nous sommes forts, nous avons des clients des deux côté de l'Atlantique», a-t-il fait remarquer.

Depuis Montréal et Toronto, le transporteur à rabais d'Air Canada offre déjà des vols à destination de plusieurs villes européennes populaires, dont Athènes, Barcelone, Rome et Nice.

Quant à sa performance trimestrielle, Transat a vu ses profits glisser, ce qui n'a toutefois pas empêché la société établie à Montréal de dépasser les prévisions des analystes.

L'entreprise a engrangé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 30,6 millions $, ou 79 cents par action, par rapport à 54,7 millions $, ou 1,40 $ par action, à la même période l'année dernière.

Ce recul de 44 pour cent s'explique en grande partie par des ententes visant à gérer le risque lié aux fluctuations du prix du carburant.

Même si la dégringolade du prix du baril de pétrole s'échelonne depuis plusieurs mois, M. Eustache a prévenu qu'il n'avait pas l'intention d'imiter certains concurrents, qui profitent de la baisse puisqu'ils n'ont pas signé de contrat afin de se protéger des fluctuations.

«C'est difficile de jouer le jeu de la spéculation, a-t-il fait remarquer. On peut parfois frapper un coup de circuit, mais cela peut aussi se transformer en désastre. Nous avons vu plusieurs héros devenir des zéros.»

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, le profit ajusté de l'entreprise s'est établi à 49,4 millions $ ou 1,27 $ par action, contre 54,8 millions $ ou 1,40 $ par action lors du quatrième trimestre de 2013.

Transat explique que son profit a été plombé par la faiblesse du dollar canadien face aux autres devises, même si elle a accueilli plus de passagers et augmenté ses prix. Elle mentionne aussi l'augmentation de l'offre globale sur le marché transatlantique.

Son chiffre d'affaires, pour la période de trois mois terminée le 31 octobre, a progressé de 4,5 pour cent à 844,7 millions $.

La performance trimestrielle de Transat a notamment surpassé les attentes de Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale. L'analyste prévoyait un profit ajusté par action de 98 cents et des revenus de 828 millions $.

«Les chiffres suggèrent que Transat devrait connaître un meilleure saison hivernale (par rapport à celle de 2014)», fait valoir M. Doerksen dans une note.

Le bénéfice d'exploitation des filiales nord-américaines a fléchi de près de 20 pour cent, à 55,5 millions $, un résultat qui découle de la forte concurrence sur le marché transatlantique.

Du côté des filiales européennes, le résultat d'exploitation a explosé de 51 pour cent, à 17,4 millions $, grâce à une augmentation du nombre de voyageurs enregistré principalement sur les destinations moyen-courrier.

Pour l'exercice, Transat a dégagé un résultat net attribuable aux actionnaires de 22,9 millions $ ou 59 cents par action, comparativement à 58 millions $ ou 1,51 $ par action en 2013. Ses revenus se sont chiffrés à 3,8 milliards $ par rapport à 3,6 milliards $ un an plus tôt.

Le résultat net ajusté s'établit de son côté à 45,2 millions $ ou 1,16 $ par action, contre 62,6 millions $ ou 1,63 $ par action il y a un an.

Benoît Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, s'attend à ce que les résultats du quatrième trimestre influencent positivement l'action du voyagiste.

«Nous apprécions l'approche de la direction qui tente d'améliorer ses marges en gérant la capacité (de ses appareils)», écrit-il dans un rapport.