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11/12/2014 04:29 EST | Actualisé 10/02/2015 05:12 EST

Le directeur de la CIA défend les techniques d'interrogatoire de l'agence

WASHINGTON - Le directeur de la CIA a défendu son agence de renseignement, jeudi, après qu'un rapport du Sénat américain eut dénoncé la cruauté et l'inefficacité de ses techniques d'interrogatoire.

Lors d'une rare conférence de presse à Washington, John Brennan a indiqué que la CIA, au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001, voulait à tout prix éviter que d'autres événements tragiques surviennent aux États-Unis.

Il a admis que ses agents avaient parfois utilisé des méthodes d'interrogatoire interdites et odieuses. Mais selon lui, la CIA a surtout «fait de bonnes actions» à un moment où «il n'y avait pas de solution simple».

Le directeur de l'agence fédérale de renseignement tentait ainsi de décrédibiliser les conclusions d'une vaste enquête du comité du Sénat sur le renseignement — dont le rapport totalise 6700 pages — sur les techniques musclées d'interrogatoire utilisées sur les prisonniers soupçonnés de terrorisme.

Les auteurs du rapport croient que l'Histoire pourrait considérer les agents de la CIA comme des bourreaux plutôt que des patriotes et que de telles pratiques pourraient les rendre vulnérables à des poursuites éventuelles autour du monde. Un enquêteur spécial de l'ONU a d'ailleurs demandé que les responsables de ces «crimes systématiques» soient traduits en justice.

Le comité sénatorial et le département de Justice ont toutefois signalé qu'ils n'allaient pas porter d'accusation contre les personnes concernées, ni ouvrir d'enquête criminelle.

Mercredi, d'anciens directeurs de la CIA ont décrit le rapport comme une manoeuvre politique des démocrates.

«C'est une étude mal faite, partiale, truffée d'erreurs de faits et d'interprétation. Il s'agit essentiellement d'une attaque partisane contre une agence qui a fait de son mieux pour protéger les États-Unis», ont déploré George Trenet, Porter Gloss et Michael Hayden dans une lettre ouverte publiée dans le «Wall Street Journal».

M. Hayden avait été ciblé par les enquêteurs du Sénat, arguant qu'il avait fourni en 2007 des informations trompeuses et même fausses sur le traitement des détenus. L'ancien directeur a répondu que cette attaque envers lui précisément était «ironique», puisque les tortures alléguées auraient été commises avant son arrivée à la tête de l'agence.

«Ils étaient beaucoup trop intéressés à m'invectiver», a-t-il déclaré dans un courriel envoyé à l'Associated Press.

Le comité du Sénat a rendu public mardi un rapport abrégé de 500 pages, dans lequel il a conclu, entre autres, que les agents de la CIA avaient outrepassé leurs pouvoirs en infligeant des souffrances aux détenus liés à Al-Qaïda. En outre, ces techniques controversées n'auraient pas permis de recueillir des informations essentielles.

La CIA soutient toutefois que les interrogatoires ont servi à déjouer de nouvelles attaques et à capturer des terroristes. Par exemple, la CIA aurait réussi à obtenir des données importantes en questionnant Ammar al-Baluchi sur les méthodes de communication entre les membres d'Al-Qaïda. Selon l'agence, cela aurait mené ultimement à la mort d'Oussama ben Laden.