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10/12/2014 02:08 EST | Actualisé 09/02/2015 05:12 EST

Dame Nature s'est emportée au Québec et elle n'est pas encore prête à se calmer

MONTRÉAL - Ceux qui n'affectionnent pas particulièrement les conditions hivernales ont eu toutes les raisons du monde de maugréer au cours des dernières heures et leur calvaire n'est vraisemblablement pas encore terminé.

En début de semaine, Environnement Canada avait prévu qu'un système dépressionnaire en provenance des États-Unis remonterait progressivement vers le sud laissant dans son sillage un cocktail météorologique plutôt explosif.

L'agence fédérale avait vu juste.

Ainsi, à partir de mardi et durant la journée de mercredi, plusieurs coins du Québec ont entre autres eu droit à de forts vents et à d'importantes chutes de neige.

Les flocons ont été particulièrement abondants à Montréal, dans la Vallée-du-Richelieu, en Montérégieet à Gaspé.

En outre, mercredi soir, des avertissements de pluie verglaçante avaient été émis pour deux secteurs (la Beauce et l'Estrie) et des alertes de tempête continuaient d'être en vigueur pour une longue liste de localités se trouvant notamment en Gaspésie, sur la Côte-Nord et dans Chaudière-Appalaches.

Bref, tous les ingrédients semblaient être réunis pour que les conducteurs continuent d'avoir des sueurs froides.

En entrevue à La Presse Canadienne mercredi vers 19h, le porte-parole de Transports Québec, Bruno Lacombe,a reconnu que ce n'était pas de tout repos de se déplacer en Montérégie où la plupart des routes étaient glacées et où la visibilité était réduite.

Il a enchaîné en disant qu'en Estrie, la situation n'était pas tellement plus rigolote étant donné qu'à de nombreux endroits, la chaussée pouvait ressembler à une patinoire.

Selon M. Lacombe, en Mauricie, le réseau était enneigé et les conducteurs ne voyaient pratiquement rien devant eux dans les environs de Trois-Rivières.

Dans Chaudière-Appalaches, une bonne demi-douzaine d'artères, incluant la 20 et la 132,avaient dû être carrément fermées pour des raisons de sécurité.

Au nord de Québec, il était pour le moins hasardeux de s'aventurer sur la 138 qui avait pris l'apparence d'un miroir et où l'horizon était totalement opaque.

Le même scénario a été observé dans la réserve faunique des Laurentides, au sud de L'Étape, un endroit où il y avait, en plus, des lames de neige.

Dans de pareilles circonstances, Bruno Lacombe a jugé opportun d'offrir certains conseils aux automobilistes et aux camionneurs.

«Même si l'ensemble de nos équipes ont été déployées, [...] nous devons pouvoir compter sur la collaboration des citoyens qui ont à [...] réduire leur vitesse et à se donner un espace suffisant pour être en mesure de freiner», a-t-il lancé.

Ces suggestions continueront d'être tout à fait pertinentes dans un avenir rapproché.

«Les précipitations vont se poursuivre toute la nuit.Jeudi matin, les choses devraient se calmer un peu partout mais il ventera toujours, ce qui signifie que, dans les endroits comme Québec et l'est [de la province], la poudrerie continuerapendant une bonne partie de la journée», a expliqué le météorologue Pierre Vaillancourt d'Environnement Canada.

Ce dernier a noté que certains secteurs avaient déjà eu droit à des rafales susceptibles de décoiffer à peu près n'importe qui.

À titre d'exemple, il a mentionné qu'à l'île d'Orléans, des vents de 107 km/h avaient été rapportés.

Malheureusement, bon nombre de Québécois auront à faire face aux conditions météorologiques pénibles à la lueur de la chandelle.

Des pannes de courant affectaient, en effet,de nombreux foyers aux alentours de 21h. Quelque 29 700 clients d'Hydro-Québec étaient privés d'électricité principalement dans les régions de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale, de la Montérégie et de la Mauricie.

Certains voyageurs désireux de se déplacer par la voie des airs devaient eux aussi faire preuve de patience et parfois même de résignation.

Aux aéroports internationaux Pierre–Elliott–Trudeau et Jean-Lesage, en milieu de soirée,plusieurs retards et annulations apparaissaient sur les tableaux d'affichage consultés par les passagers.

Même les bénévoles et les usagers de l'Opération Nez Rouge n'étaient pas épargnés.

Le directeur des communications et du marketing de l'organisation, David Latouche, a indiqué que «lorsque les conditions météorologiques et routières sont défavorables, les activités peuvent être suspendues ou restreintes».

Il a ajouté que, dans un pareil contexte, «les décisions reviennent aux coordonnateurs locaux».

«La sécurité de nos équipes et de nos clients demeure notre priorité», a-t-il tenu à dire.

C'est ce pourquoi une poignée de centrales sont demeurées fermées mercredi soir.

M. Latouche a spécifié que lorsque les éléments se déchaînent, il suffit de consulter le compte Twitter de l'Opération Nez Rouge pour connaître les secteurs qui cesseront momentanément d'être desservis.