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09/12/2014 12:59 EST | Actualisé 08/02/2015 05:12 EST

Les travailleurs de Clermont exigent un plan de relance de l'usine Résolu

QUÉBEC - Les travailleurs de la municipalité de Clermont dans Charlevoix exigent un plan de relance pour empêcher la fermeture d'une des deux machines à papier de l'usine Résolu.

Les 220 employés de l'usine ont appris avec stupeur, vendredi dernier, la décision de Produits forestiers Résolu (T.RFP) de fermer une machine à papier à Clermont (à compter du 30 janvier) et une autre aux installations de Baie-Comeau sur la Côte-Nord. La compagnie a aussi confirmé la fin des activités de son usine d'Iroquois Falls, en Ontario.

«On n'est pas capable d'abdiquer, on demander de l'aide», a lâché le secrétaire trésorier du syndicat des travailleurs du papier de Clermont, Luc Desbiens, en conférence de presse, mardi à Québec.

Les représentants syndicaux des travailleurs, affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), interpellent le gouvernement Couillard et la direction de Résolu pour avoir «l'heure juste» sur la situation de la compagnie et élaborer un plan de relance.

Les employés, qui ont fait d'importantes concessions sur leurs conditions de travail ces dernières années pour sauver l'usine et conserver deux machines à papier, méritent que la compagnie leur tende au moins une perche, a soutenu le président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), Alain Lampron.

«Est-ce qu'il y a un moyen de voir si on peut sauver cette shop-là, sauver cette machine-là, sauver les emplois dans la région? C'est aussi simple que ça, mais un peu de respect pour le monde qui est là et les syndiqués qui sont là parce qu'on veut qu'on garde cette machine ouverte», a-t-il dit, déplorant la façon «cavalière» dont Résolu a fait part de sa décision aux employés vendredi dernier, 30 minutes avant la publication du communiqué.

Les travailleurs s'inquiètent des signaux envoyés jusqu'ici par Résolu et craignent que la fermeture de la machine numéro 4 ne soit qu'une étape vers la fin définitive des activités de l'usine de Clermont.

«On a l'impression qu'ils sont en train de faire mourir l'usine à petit feu, a dénoncé Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CSN). Ce qu'on demande, c'est que tout le monde s'assoit à la même table pour trouver des solutions qui vont être bénéfiques pour la papetière et pour les travailleurs.»

Vendredi dernier, la compagnie forestière a d'abord imputé les fermetures au déclin du marché du papier journal, mais en entrevue avec La Presse Canadienne, un porte-parole de la direction, Karl Blackburn, a montré du doigt les problèmes de coût et d'approvisionnement liés au régime forestier du Québec.

Par conséquent, la CSN demande au ministre des Forêts, Laurent Lessard, de sortir «de sa torpeur» et de se pencher sur les causes du problème d'approvisionnement en copeaux, sur la modernisation et la diversification des usines dans les régions forestières.

De l'avis de la centrale, l'usine de Clermont a encore un avenir pour peu qu'elle soit modernisée et adaptée pour des projets d'avenir.

«On veut travailler pour que ça reste ouvert. La machine numéro 4, pour nous, ne fermera pas, il y a un projet qui peut se faire, on va le faire, ce qu'on veut c'est qu'on nous aide», a insisté le président du syndicat des travailleurs du papier de Clermont, Jérôme Tremblay, citant une étude commandée par la MRC locale démontrant la viabilité de la filière bioplastique.