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09/12/2014 10:12 EST | Actualisé 08/02/2015 05:12 EST

La hausse de la demande gonfle le prix de l'ivoire en Chine, dit un rapport

NAIROBI, Kenya - Le prix de l'ivoire illégal a explosé depuis quelques années en Chine, où une nouvelle classe moyenne bien nantie achète des statuettes ou même des défenses entières pour illustrer sa richesse, prévient un nouveau rapport rendu public mardi.

Le groupe Save The Elephants affirme que le prix de gros des défenses brutes a triplé depuis 2010. Le prix au détail se serait multiplié par 13 entre 2002 et 2014 dans les boutiques de Pékin.

Les environnementalistes affirment que cette demande insatiable alimente le braconnage des éléphants en Afrique. Save The Elephants a indiqué plus tôt cette année que 100 000 éléphants ont été tués en Afrique entre 2010 et 2012.

Le problème entrave de plus en plus les relations diplomatiques entre la Chine, l'Afrique et le reste de la planète. Le gouvernement chinois dit essayer de mettre fin au trafic illégal.

Les écologistes ont recruté la vedette de basketball Yao Ming pour expliquer à la population que chaque statuette d'ivoire représente un éléphant mort en Afrique. Ce lien est apparemment souvent obscur pour les consommateurs chinois.

Le nouveau rapport découle du travail de deux chercheurs qui ont visité les boutiques d'ivoire de Pékin, dont près de 80 pour cent seraient illégales. Certaines ventes d'ivoire sont légales en Chine, mais elles serviraient souvent à camoufler la contrebande.

«Toutes les mesures du commerce de l'ivoire ont explosé depuis quelques années. Les prix de l'ivoire brut ou travaillé en Chine, le nombre d'usines autorisées, les détaillants légaux et illégaux, tous sont en hausse. Pendant ce temps le poids de l'ivoire saisi et le nombre d'éléphants tués en Afrique ont aussi augmenté», ont dit les auteurs du rapport, Lucy Vigne et Esmond Martin.

Les chercheurs ont visité huit usines et 275 boutiques à Pékin et Shanghaï. Les vendeurs rapportent que 90 pour cent de leurs acheteurs sont maintenant des Chinois, alors qu'il s'agissait principalement d'Européens, de Japonais et d'Américains au milieu des années 1990.