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29/10/2014 04:34 EDT | Actualisé 29/10/2014 04:34 EDT

Ottawa songe à criminaliser l'apologie du terrorisme

RCQC

En plus de renforcer les pouvoirs du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Ottawa songe à légiférer pour rendre criminelle la glorification des actes terroristes.

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, en a fait l'annonce mercredi, affirmant que son gouvernement étudiait présentement la possibilité d'une pareille loi.

Le ministre de la Justice estime qu'il faudrait des outils pour prévenir les gestes comme les fusillades de la semaine dernière à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il veut s'attaquer aux discours qui alimentent la radicalisation et l'empoisonnent des esprits de certains jeunes.

M. KacKay n'a pas fourni plus de détails sur sa définition de la glorification du terrorisme et les actes qui pourraient en découler.

Il a fait savoir toutefois que le Canada aimerait, ce faisant, s'inspirer d'une loi adoptée au Royaume-Uni, où Scotland Yard a menacé récemment d'arrestation toute personne qui visionne, télécharge ou diffuse de la vidéo de la décapitation du journaliste américain James Foley.

Et la liberté d'expression?

Ce projet de loi, s'il est présenté, pourrait susciter la controverse entre partisans de la lutte antiterroriste et militants de la liberté d'expression.

Les premières réserves sont venues d'ailleurs des rangs conservateurs. Le secrétaire parlementaire du ministre MacKay, Robert Goguen, s'est demandé si les Canadiens accepteraient une loi qui limite ainsi leur liberté.

L'opposition néo-démocrate ne s'est pas empressée de commenter les propos du ministre de la Justice. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, préfère attendre le dépôt d'un éventuel projet de loi avant de se prononcer sur la question.

M. Mulcair refuse par ailleurs de qualifier d'acte terroriste la fusillade survenue mercredi dernier au parlement fédéral. Il est encore prématuré de tirer cette conclusion, a-t-il dit, même si la GRC a conclu à des mobiles « idéologiques » et « politiques » chez l'assaillant Michael Zehaf-BIbeau.

La semaine dernière, l'avocat Julius Grey a vivement réagi aux propos de Gilles Duceppe qui a déclaré qu'« en situation de guerre, toute personne se livrant à de la propagande en faveur de l'ennemi peut être traduite en justice et éventuellement condamnée ».

Le militant des droits de la personne a mis en garde les Canadiens contre les risques de dérapage et l'instauration de « crimes d'opinion » au pays. « On peut être puni pour des crimes, pour des complots, mais pas pour des opinions, même si ces opinions sont incompréhensibles, stupides, véhémentes et inacceptables », a martelé Me Grey.

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