DIVERTISSEMENT
27/10/2014 06:47 EDT

«La gloire... mais à quel prix?»: les vertiges des plus hauts sommets (PHOTOS)

Télé-Québec

Josélito Michaud lançait au printemps dernier le livre La gloire démystifiée, un recueil de confidences d’une trentaine d’artistes d’ici sur les hauts et les bas de la célébrité.

Fasciné par ces êtres qui atteignent les plus hauts sommets, mais surtout par l’humain qui trime dur derrière l’image publique, l’auteur et animateur a poursuivi son travail de recherche et nous offre une autre réflexion sur le sujet, cette fois sous forme d’un documentaire en quatre épisodes, La gloire… mais à quel prix? que Télé-Québec diffuse le lundi, à 21h, à compter de ce soir.

Avec son écoute et sa sensibilité uniques, Josélito Michaud est parvenu non seulement à arracher des bribes de souvenirs à ses invités, mais surtout à amener ceux-ci à prendre un recul devant les événements les plus tonitruants de leur vie et à leur faire exprimer ce qu’ils ressentaient vraiment pendant que ces tourbillons intenses les emportaient : motivations, exaltations, attentes, craintes, désillusions, doutes, les créateurs abordés dans La gloire… mais à quel prix? attaquent de front tous les aspects de leur renommée, des plus lumineux aux plus difficiles.

La série commence avec deux personnalités que la gloire, mais surtout ses revers, n’ont pas épargnés, Roch Voisine et Jean-Marc Parent, sous la thématique «Soulever les foules… mais à quel prix?» Le premier revient sur les années où sa popularité était à son paroxysme, cette époque plus ou moins bénie où des spectatrices s’évanouissaient pendant ses spectacles, l’une des réalités avec laquelle il avait beaucoup de mal à composer. Roch Voisine parle avec franchise de la solitude qui l’habitait lorsque Hélène trônait en première position des palmarès radio et remet les pendules à l’heure à propos de son entourage de jadis, dont son ex-gérant, le regretté Paul Vincent. Jean-Marc Parent, lui, se vide le cœur avec élégance sur les critiques qui l’ont malmené pendant des années, avouant sans détour qu’il a aujourd’hui beaucoup de mal à accorder sa confiance à qui que ce soit, qu’il roule constamment «le pied sur le frein».

Dans les rencontres suivantes, Gilbert Rozon, «père» de Juste pour rire, et Gilles Ste-Croix, bâtisseur du Cirque du Soleil, détailleront les échelons qui les ont menés à construire des entreprises d’envergure internationale («À partir d’un rêve, bâtir un empire»), Marie-Mai et Karine Vanasse jaseront de «La gloire précoce» et Jacques Villeneuve et Justin Trudeau s’ouvriront pour une rare fois sur leur relation avec leur père, tous deux devenus des mythes, dans l’heure intitulée «Se faire un prénom». Chacune de ces têtes d’affiche est secondée dans son récit par des témoins privilégiés, qui ont assisté à son ascension et sont en mesure de témoigner d’un œil différent.

«Je tenais à ce que les quatre épisodes apportent un angle différent, précise Josélito Michaud. C’était très important pour moi.»

Aveux troublants

Véritablement passionné, l’intervieweur s’est investi à fond dans ce projet d’étudier la gloire sous toutes ses formes, parcourant quelques 300 biographies en cinq ou six ans ; il avait en tête de traiter de la notoriété depuis la parution de son ouvrage sur le deuil, Passages obligés, en 2006. Et certains aveux entendus pendant le tournage de La gloire… mais à quel prix? l’ont littéralement jeté par terre.

«Avec Roch Voisine, l’une des plus grandes révélations s’est produite lorsqu’il m’a dit qu’il n’avait jamais voulu être une star, comme si ce destin s’était acharné sur lui. Mais il avait un gérant, Paul Vincent, qui avait la démesure nécessaire pour lui permettre de s’épanouir et de s’ouvrir davantage. Roch a ensuite commencé à jouer le jeu et à s’y plaire, à en vouloir plus», illustre Josélito en guise d’exemple.

«Guy Laliberté, interrogé avec Gilles Ste-Croix, m’a expliqué que ce ne sont pas ses enfants qui vont lui succéder à la tête du Cirque du Soleil, tandis que Gilbert Rozon, lui, soutient qu’il a commencé l’œuvre et que ses enfants vont la poursuivre. Jacques Villeneuve raconte que c’est parfois difficile pour lui d’être, en quelque sorte, à la hauteur du conte de fées que les gens voudraient entendre par rapport à son père. Lui, il ne peut pas donner cette histoire-là, parce que ce serait de se mentir à lui-même. Karine Vanasse a été portée aux nues à l’âge de 13 ans avec le film Emporte-moi, puis, à un moment donné, les critiques sont devenues très dures à son endroit, se sont mises à exiger autre chose d’elle, puisqu’elle n’était plus une enfant. Marie-Mai se livre sur ses peurs, sur tout ce que sa carrière lui demande intérieurement, sur son obsession pour son métier, qui est, en fait, l’attitude d’une gagnante. Et Jean-Marc Parent, je pense que c’est la première fois qu’il parle avec autant de vérité de sa période sombre. C’est très, très troublant.»

Le cas Robin Williams

Parmi les constats que pose Josélito Michaud après avoir enregistré La gloire… mais à quel prix?, la solitude qui hante souvent les plus grandes idoles et qui se dégage des propos de quelques-uns de ses invités est une donnée importante. Aussi, la gloire en tant que telle ne change pas nécessairement ceux qui la vivent au quotidien, mais modifie plutôt l’attitude de l’entourage, qui ne sait plus comment se comporter aussitôt qu’un proche devient une étoile, et encore davantage lorsque cette étoile brille au firmament.

«Il faut arrêter de penser que la gloire règle tous les maux, estime l’observateur. Ça ne règle rien. C’est un mythe de croire que la gloire règle tout, quand on rêve d’être sous les projecteurs. Si tu as des problèmes intérieurs, non seulement ça ne règle rien, mais ça en rajoute sur la liste. Robin Williams, par exemple, avait un problème d’alcoolisme qui n’était pas réglé, il était coincé dans son image, et son anxiété augmentait. Et pourtant, c’était l’un des acteurs les plus formidables de la planète…»

Superficielle, la démarche de Josélito Michaud, de s’intéresser au triomphe de personnes connues? Absolument pas. Car l’ancien producteur et manager est davantage ébloui par le dépassement de soi que par la poudre aux yeux, même s’il évolue dans le show-business.

«Pour moi, la gloire, c’est très général, indique Josélito. Les gloires que j’ai le goût de mettre en évidence, ce sont celles où une personne arrive à se surpasser dans sa propre discipline. J’ai une grande admiration pour les athlètes qui passent six jours par semaine à s’entraîner, pour atteindre les Jeux olympiques, dépasser leurs propres performances et battre les records des autres. Il y a de petites et de grandes réussites. La femme qui est monoparentale, avec trois enfants, qui fait son chiffre de jour et s’occupe de ses enfants le soir, pour moi, elle est assez glorieuse!»

La gloire… mais à quel prix?, le lundi, à 21h, à Télé-Québec, les 27 octobre et 3, 10 et 17 novembre. En rediffusion le mardi à 14h30, et le dimanche, à 23h.

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