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24/10/2014 05:01 EDT | Actualisé 24/12/2014 05:12 EST

Technologie: le directeur financier de Google vante l'effervescence de Montréal

MONTRÉAL - Sans être un chef de file mondial dans le secteur technologique, la ville de Montréal démontre une effervescence prometteuse à ce chapitre, estime le chef de la direction financière de Google, Patrick Pichette.

Selon le Québécois, la métropole est une plaque tournante «junior» de ce secteur, mais elle ne possède pas encore le statut de la Silicon Valley, en Californie.

«On n'est pas encore Silicon Valley, mais on a beaucoup de talent à Montréal et au Québec. Tu as le talent et les actifs», a dit M. Pichette, vendredi, alors qu'il était de passage à Montréal pour une annonce.

Il a souligné que le 10e anniversaire du bureau montréalais du géant informatique Google — où travaillent environ 75 personnes —, célébré plus tôt ce mois-ci, en était une preuve.

S'il estime que le nombre d'employés de Google à Montréal est appelé à croître, le directeur financier n'a pas voulu s'avancer sur le nombre d'embauches en expliquant que le processus de l'entreprise était «très rigoureux».

«La barre est très haute, a tranché M. Pichette. Nos standards ne sont pas locaux, ils sont globaux. Un ingénieur qu'on engage ici peut déménager à Zurich (Suisse) ou à Shanghai (Chine) demain matin. Ils doivent tous passer le même standard.»

Le directeur financier du géant informatique a assuré qu'il y avait des «plans d'embauche» pour la métropole et que Google avait l'intention de faire sa part afin de faire grandir «l'écosystème» technologique québécois.

S'il a vanté «l'environnement technologique» québécois, il n'a toutefois pas été en mesure d'affirmer si la baisse des crédits d'impôt de 20 pour cent décrétée par le gouvernement Couillard pourrait freiner sa progression.

M. Pichette ne s'est toutefois pas gêné pour rappeler qu'il s'agissait d'un secteur où plusieurs juridictions offrent des incitatifs afin d'attirer les entreprises.

«C'est un marché très concurrentiel, a-t-il dit. Des juridictions se critiquent. Les gouvernements font ce qu'ils ont à faire pour attirer le talent et le capital.»

Dans le cadre des audiences publiques de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise — dont le mandat est de récupérer 650 millions $ — la quasi-totalité des entreprises qui gravitent autour du secteur technologique ont plaidé pour le rétablissement des crédits d'impôt.

M. Pichette a également abordé la mission économique récemment effectuée en Californie par le maire de Montréal, Denis Coderre — avec qui il a déjà étudié au secondaire — en saluant son projet de «ville intelligente».

Ce projet du maire Coderre vise entre autres à étendre l'offre d'Internet sans fil en plus de proposer certaines applications pour les téléphones intelligents.

«Les Montréalais devraient être contents de voir qu'il comprend les enjeux technologiques», a souligné M. Pichette.

Ce dernier a par ailleurs confirmé que M. Coderre avait approché le géant informatique à propos de son service Internet à très haut débit, mais que les discussions à cet effet demeuraient préliminaires.

«On a commencé une conversation il y a trois semaines, a-t-il dit. On a quand même des priorités (...) aux États-Unis, mais on commence le dialogue.»

Le chef de la direction financière du géant américain a également annoncé l'arrivée de la Maison Notman à Montréal — qui abrite des entreprises en démarrage — au sein du réseau technologique nord-américain de Google.

Ce partenariat devrait notamment permettre aux entreprises de l'établissement d'obtenir du financement — dont le montant n'a pas été dévoilé —, ainsi que l'accès sur l'hébergement en nuage de Google, dont la valeur est estimée à 100 000 $.

«On voulait accélérer ce projet, a observé M. Pichette. Les entrepreneurs d'ici ne sont plus seuls. Il y a tellement d'essais et d'erreurs (dans ce secteur) que c'est important d'avoir un environnement pour y stimuler les idées.»

La Maison Notman — qui possède 23 bureaux — est le premier établissement francophone à rejoindre ce réseau, également présent à Kitchener-Waterloo, en Ontario, ainsi que dans les villes américaines de Chicago, Denver et Austin au Texas.