DIVERTISSEMENT
24/10/2014 05:42 EDT | Actualisé 24/10/2014 10:16 EDT

«Philippe Bond 2»: charmant «adulescent» (VIDÉO)

Philippe Bond a mis le public du Théâtre St-Denis dans sa poche, jeudi soir, à la première de son nouveau one man show, Philippe Bond 2. L’assistance croulait de rire, suspendue aux lèvres du comique, qui a défilé ses anecdotes hilarantes avec aplomb.

Le Québec compte son lot d’humoristes-conteurs de grand talent. Chez les vieux routiers, Jean-Marc Parent et Michel Barrette sont encore des références absolues. Philippe Laprise et P-A Méthot leur succéderont dignement. Et Philippe Bond est en train de se bâtir une solide réputation, dans la même veine que ses aînés, avec Philippe Bond 2, qui est une suite logique de son premier spectacle : des événements de sa vie relatés avec sa verve et son propos coloré de gars de 35 ans encore un peu «adulescent», mais tellement charmant. On est inévitablement captivés par ses histoires et on a hâte d’en connaître les hauts faits et le dénouement, qui, on le sait, frapperont là où ça fait rire. Franc et direct, attachant, capable d’être baveux et tendre aux bons moments, Bond est rassembleur et peut séduire à peu près n’importe quelle génération, des grands-mères aux petites-filles, des grands-pères aux petits-fils.

L’artiste parle d’ailleurs de cette popularité acquise au fil de sa première tournée dans son numéro d’ouverture, en énonçant les règles à suivre si on souhaite assister à ses représentations : halte au téléphone cellulaire (il a surpris une dame qui parlait dans son mobile et, du balcon, se faisait entendre de toute la salle, lors d’un précédent spectacle), interdiction, pour les mères, de lui tâter «le paquet» (ça lui est arrivé plus souvent qu’on pourrait le penser), défense, pour les hommes d’un certain âge, d’éternuer («chez les papas, ça devient des cris de désespoir», argue-t-il, avant d’y aller d’une imitation très drôle de son propre père, qui aligne des voyelles à la fin de ses éternuements), etc.

Saint-Hubert, nymphomane et monokini

Bien que nerveux, Philippe Bond n’a jamais perdu le contrôle pendant sa prestation d’environ 90 minutes, sans entracte, livrant ses textes dans un débit énergique, et paraissant s’amuser comme un enfant devant l’immense «2» qui lui sert de décor.

Il parle de ses premiers emplois ; dans les cuisines d’une rôtisserie Saint-Hubert, il s’est allègrement payé la tête d’une collègue qui avait du mal à confectionner des salades de chou. Sur le chantier de construction d’une maison, satisfaire un besoin naturel est devenu pour lui une véritable épopée, à un point tel qu’il a accolé un prénom, Bernard, à sa «réalisation».

Son premier engagement après sa sortie de l’École nationale de l’humour était de faire la première partie d’un spectacle de Patrick Groulx au bar Le Box-Office, à Drummondville.

«Patrick Groulx, c’est celui qui a la même shape que le lutteur dans les annonces de Koodo», s’est amusé Bond aux dépens de son bon ami. Son périple dans le Centre-du-Québec s’est soldé par une aventure tumultueuse avec une nymphomane. Il ignorait jusque-là ce que signifiait le terme «nymphomane» ; il l’a appris rapidement. «J’éjaculais de la bile», a-t-il lancé à un certain moment, pour illustrer à quel point les ébats avaient été vigoureux. Fait cocasse, Philippe Bond a réalisé, jeudi, en balançant cette phrase, qu’un pré-adolescent se trouvait dans le parterre du Théâtre St-Denis. Habile, il a désamorcé le malaise que laissaient présager les «Hon…» qui s’élevaient dans l’air, et a poursuivi comme un pro.

La dernière portion de Philippe Bond 2 s’attarde aux copains du principal intéressé, à qui il est visiblement très attaché. Au mariage de son ami Stéphane, sur une plage de Cuba, il a été décontenancé par la poitrine peu avantageuse d’une femme en monokini. «Des queues de castor, deux mitaines de four, une paire de pop tarts, des balles de pool dans un bas de nylon…» Il a fait tourner à la foire la pendaison de crémaillère de son camarade Dominic, en abusant des feux d’artifice. Mais c’est lorsqu’il décrit son pote Jean-Luc, un gaillard de 6 pieds 3 pouces, 260 livres, capable d’enfiler par mégarde la jaquette de sa mère pour aller à l’épicerie et de rater sa greffe de cheveux, qu’il nous surprend le plus.

Philippe Bond termine en révélant qu’il est récemment allé voir une psychologue pour comprendre ce qui cloche, chez lui. «Je suis dans la trentaine, je n’ai pas d’enfant, j’ai la maturité d’un spermatozoïde, je suis un ado avec du crédit, et je regarde la vie de Justin Bieber à la TV et je dis: ben quoi ?», a-t-il énuméré pour illustrer ses angoisses.

La première partie de Philippe Bond 2 est assurée par Derrick Frenette, qui avait aussi réchauffé la foule lors du passage de Bond au Centre Bell, en avril 2013. Frenette, qui a beaucoup gagné en assurance depuis un an et demi, a su tirer son épingle du jeu avec ses gags sur sa région natale, l’Abitibi, mais surtout sur son rôle de figurant dans des séries télévisées, comme 30 vies. Il faudra en voir plus pour réellement juger de son talent, mais Derrick Frenette semble sur une belle lancée.

Consultez le www.philippebond.com pour connaître le calendrier de tournée de Philippe Bond 2.

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