POLITIQUE
24/10/2014 02:03 EDT | Actualisé 24/12/2014 05:12 EST

Garderies en milieu familial: la CSN hausse le ton et brandit la menace de grève tournante

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QUÉBEC - Insatisfaites des offres patronales, les éducatrices en milieu familial affiliées à la CSN menacent de déclencher, à leur tour, une grève tournante.

La CSN, qui représente 2000 éducatrices, emboîterait ainsi le pas aux 12 000 responsables de services de garde membres de la CSQ qui ont entamé le mouvement.

La quarantaine de déléguées des 2000 éducatrices ont voté tard vendredi à l'unanimité, à Québec, pour recommander à leurs membres d'adopter un «plan d'action musclé, incluant le recours à la grève». Des premières journées de grève pourraient être déclenchées dans deux à trois semaines.

La représentante des services de garde à la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), Lucie Longchamps, a affirmé par communiqué que les déléguées avaient décidé qu'elles devaient «passer à l'action» après avoir laissé «la place à la négociation, sans résultat». L'ensemble des membres seront désormais consultés.

Les éducatrices affiliées à la CSN exigent un rattrapage de neuf pour cent sur deux ans afin d'obtenir la parité avec leurs consoeurs des Centres de la petite enfance (CPE). Elles réclament la valeur monétaire équivalant à 13 jours de congé, soit 5 pour cent, une hausse salariale de deux pour cent cette année, un pour cent l'an prochain et une majoration d'un pour cent pour fin d'indexation pour les frais.

De son côté, le ministère de la Famille propose un demi pour cent pour chacune des deux prochaines années.

Le règlement offert par le gouvernement est inacceptable car il ne ferait qu'appauvrir les éducatrices, a dénoncé vendredi Mme Longchamps.

En point de presse à Québec, Mme Longchamps a prévenu la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, que les éducatrices en milieu familial n'accepteront pas de faire les frais des restrictions budgétaires du gouvernement.

La leader syndicale s'est défendue de vouloir prendre les parents en otage. Bien au contraire, elle estime que les journées de débrayage seront l'occasion pour les parents de passer «du temps de qualité» avec leurs enfants.

«Regardez ce qui se passe en Syrie, en Libye, en Extrême-Orient, ça c'est de l'otage. Les parents au Québec, s'ils ont une journée à prendre, ils feront une journée de qualité avec leurs enfants tout simplement. (...) Il n'est pas possible dans le contexte d'accepter cette offre-là», a-t-elle déclaré.

La ministre Charbonneau n'était pas disponible pour commenter la sortie des éducatrices mais une responsable au cabinet a invité les syndiquées à demeurer à la table des négociations.

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