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24/10/2014 06:08 EDT | Actualisé 24/10/2014 06:08 EDT

Ebola: au coeur d'un débat partisan aux États-Unis

ASSOCIATED PRESS
President Barack Obama pauses as he speaks at the Clinton Global Initiative in New York, Tuesday, Sept. 23, 2014. Obama is in New York for three days of talks with foreign leaders at the annual United Nations General Assembly. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

La fermeture des frontières pour empêcher Ebola de se propager aux Etats-Unis est rapidement devenue le mot d'ordre des adversaires républicains de Barack Obama, éreinté pour sa gestion de la crise sanitaire par les candidats aux législatives du 4 novembre.

La mesure est présentée comme de bon sens: pourquoi ne pas interdire aux personnes en provenance du Liberia, de Guinée et de Sierra Leone, les trois pays africains foyer de l'épidémie, d'entrer sur le territoire américain?

Barack Obama a répondu que la mesure n'empêcherait pas les voyageurs déterminés de se rendre aux Etats-Unis.

La centaine de passagers qui arrivent chaque jour de ces trois pays, via Paris, Bruxelles ou d'autres hubs, répondent aujourd'hui à un questionnaire détaillé à leur arrivée dans cinq grands aéroports, ce qui permet aux autorités de savoir d'où ils viennent, où ils vont et de les répertorier. En cas d'interdiction d'entrée sur le territoire, ces passagers pourraient mentir sur leur itinéraires et être facteurs de risques.

"Par conséquent, on risquerait d'obtenir moins d'informations sur qui est malade. Ils risquent d'être moins bien soignés, moins bien détectés et moins mis en quarantaine", a dit Barack Obama.

Mais pour nombre d'élus du Congrès, candidats à leur réélection dans moins de trois semaines, l'appel à la fermeture des frontières est un argument de campagne simple et efficace, en ligne avec deux tiers des Américains selon un sondage ABC/Washington Post.

Ebola s'ajoute pour eux à une longue liste de controverses révélatrices de l'incompétence de la bureaucratie Obama: scandale politique au fisc, attaque de la mission diplomatique de Benghazi, réforme chaotique du système de santé, vague d'immigration clandestine...

"Cette administration n'a pas réussi à gérer le fisc, et apparemment elle n'arrive pas non plus à gérer les CDC", les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies, a lancé Mitt Romney, candidat républicain malheureux à la Maison Blanche, cette semaine sur une chaîne locale du New Hampshire.

"C'est à se demander quand on aura un président qui défende vraiment les intérêts des Américains".

- Tradition politique -

Plutôt que dans les publicités télévisées, c'est dans la presse, les débats télévisés, sur Twitter et par communiqués que les élus sont intarissables sur l'échec de l'administration Obama.

"Il est évident que l'administration et les CDC ont sous-estimé la menace posée par ce virus", a accusé Joni Ernst, candidate républicaine au Sénat dans l'Iowa lors d'un débat. Son adversaire, le démocrate Bruce Braley, n'est pas en reste: "Je suis très inquiet (...) du fait que l'administration n'ait pas agi assez vite".

L'approche de la Maison Blanche est "politiquement correcte" et a consisté à masquer volontairement au public la gravité de la menace, a accusé le sénateur Rand Paul, qui vise la Maison Blanche en 2016.

En face, les démocrates répondent en accusant les républicains d'avoir coupé à la hache les budgets de la lutte contre les épidémies et de la recherche.

"Je voudrais dire que le budget pour la préparation (aux crises), surtout dans les hôpitaux, a été réduit de 44% depuis 2006", a dit la représentante démocrate Jan Schakowsky sur MSNBC vendredi. Selon elle, le budget des Instituts nationaux de santé (NIH) a baissé de 20% en dix ans. Sans ces coupes, "nous aurions probablement un vaccin" contre Ebola, a-t-elle affirmé.

Une attaque jugée "absurde" par le Washington Post qui, chiffres à l'appui, rappelle que la baisse des budgets de santé a été approuvée à la fois par les démocrates et les républicains.

La politisation d'Ebola est, en fait, une tradition politique. Aujourd'hui, 55% des démocrates font confiance à Barack Obama pour la gestion de l'épidémie, contre 28% des républicains, selon le sondage ABC/Washington Post.

Des conservateurs américains relèvent avec ironie qu'en 2005, le sénateur Barack Obama critiquait le Congrès et l'administration du président George W. Bush pour la lenteur des préparatifs contre un autre virus, celui de la grippe aviaire.

"J'exhorte mes collègues du Sénat et de la Chambre à faire pression sur l'administration pour qu'elle empêche une catastrophe", déclarait-il alors.

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