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23/10/2014 05:38 EDT | Actualisé 23/12/2014 05:12 EST

Liberia: de possibles victimes d'Ebola affamées veulent quitter la quarantaine

MONROVIA, Libéria - Des dizaines de personnes possiblement atteintes du virus Ebola et placées en quarantaine dans l'ouest du Libéria menacent de sortir de leur confinement car on ne leur apporte plus rien à manger, selon ce que rapporte la radio officielle.

Quarante-trois personnes ont été placées en quarantaine après que quatre personnes soient mortes de l'Ebola à Jennewende, une ville située dans un secteur pauvre du comté de Grand Cape Mount, près de la frontière avec la Sierra Leone.

Les résidants placés en quarantaine affirment que le Programme alimentaire mondial des Nations unies a cessé ses livraisons de nourriture dans la région. Un représentant du PAM a toutefois dit qu'aucune distribution ne se faisait à cet endroit.

«Le PAM au Libéria n'a été informé de l'existence de cette communauté isolée qu'il y a deux jours, à la radio, et son personnel a immédiatement commencé à organiser une mission pour fournir des vivres aux habitants placés en quarantaine, a dit à l'Associated Press par courriel le porte-parole Alexis Masciarelli. Nous agissons aussi rapidement que nous le pouvons.»

Il n'y a pas de camions à Grand Cape Mount et les vivres doivent donc être acheminés depuis Monrovia, a-t-il ajouté. «Nous devons continuer à collaborer avec le gouvernement et nos partenaires pour identifier aussi rapidement que possible les communautés dans le besoin», a dit M. Masciarelli.

Il a plus tard révélé que les livraisons de nourriture avaient débuté.

Le Libéria est le plus durement touché des trois pays africains qui sont frappés de plein fouet par l'épidémie. L'Organisation mondiale de la Santé faisait état, mercredi, de 2705 morts et 4665 personnes infectées dans ce pays. L'OMS prévient que ce bilan sous-estime probablement la réalité.

À Freetown, le capitale de la Sierra Leone, le directeur de la mission onusienne de lutte à l'Ebola, Anthony Banbury, a déclaré jeudi que l'ONU veut commencer par isoler 70 pour cent des patients infectés et s'assurer que 70 pour cent des victimes sont enterrées sécuritairement d'ici au 1er décembre, avant de cibler 100 pour cent dans les deux cas d'ici au 1er janvier.

L'OMS évoque un bilan total de 4877 morts et 9936 malades. Presque toutes les victimes se trouvent au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone.

L'Union européenne a ajouté 31 millions $ US à sa contribution, alors que les leaders européens essaient d'amasser un fonds d'un milliard d'euros pour combattre le virus. Les leaders européens entamaient jeudi un sommet de deux jours, avec plus de la moitié de cette somme en banque. Le Royaume-Uni dit avoir fourni 200 millions $ US, soit plus que n'importe quel autre des 28 membres du bloc.

Le premier ministre australien Tony Abott a annoncé jeudi qu'il étudie une requête personnelle du président américain Barack Obama d'envoyer une équipe médicale combattre l'épidémie en Afrique, mais que sa priorité demeure de pouvoir répondre à une éventuelle éclosion dans la région Asie-Pacifique. L'Australie a déjà contribué 16 millions $ US à la lutte contre l'Ebola, mais refuse de fournir du personnel médical sans garantie qu'ils seront soignés efficacement en cas d'infections.

Le gouvernement libanais a annoncé la mise en quarantaine dans un hôpital de Beyrouth d'un Libanais récemment rentré d'Afrique de l'Ouest. L'homme s'est présenté lui-même à l'hôpital après s'être inquiété de ses symptômes. Des médecins ont rapidement déterminé qu'il n'est pas porteur du virus, mais il a néanmoins été placé en quarantaine pour tester la préparation des autorités médicales.

Un caméraman du réseau NBC infecté par le virus en Afrique a reçu son congé d'un hôpital du Nebraska mercredi après-midi. Ashoka Mukpo a ensuite pu rentrer chez lui, au Rhode Island.

En Espagne, cinq des 15 personnes qui ont eu des contacts avec une aide-infirmière qui a survécu à l'Ebola ont eux aussi reçu leur congé jeudi, après 21 jours d'observation sans signe de la maladie.

La ministre rwandaise de la Santé a annulé jeudi sa décision, annoncée la veille, d'imposer à tous les visiteurs s'étant rendus aux États-Unis ou en Espagne au cours des 22 derniers jours d'en informer les autorités. Le président Paul Kagame avait lancé sur Twitter que la docteur Agnès Binagwaho agit parfois sans réfléchir.

Enfin, la Corée du Nord pourrait interdire l'accès au pays à tout visiteur étranger à compter de vendredi. Le voyagiste sud-coréen Koryo, qui se spécialise dans l'organisation de voyages de l'autre côté de la frontière, a toutefois précisé que les visites commerciales et gouvernementales seront toujours permises.