POLITIQUE
23/10/2014 02:01 EDT | Actualisé 23/10/2014 02:02 EDT

Le président de l'Assemblée nationale demande un renforcement de la sécurité

Wei Fang via Getty Images

En novembre 2013, près d'un an avant les événements d'Ottawa, un colis suspect avait été retrouvé à quelques mètres de l'hôtel du Parlement à Québec, ce qui avait semé l'émoi à l'Assemblée nationale. L'incident avait surtout mis en relief les lacunes dans les protocoles de sécurité.

« On a été chanceux, on a été très chanceux, affirme le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, dans une entrevue accordée mardi. Le colis suspect a été un déclencheur pour beaucoup de monde. Les gens se sont aperçus qu'on avait un problème de communication interne, on avait un problème aussi de "On fait quoi? Qui dit quoi? Qui arrivent les premiers sur les lieux?" »

Nombreuses failles dans la sécurité de l'Assemblée nationale

Dans un rapport confidentiel préparé l'an dernier par la Sûreté du Québec, et dont on nous a dévoilé des extraits, la police identifie de nombreuses failles dans la sécurité de l'Assemblée.

« La Sûreté du Québec nous a fait un rapport assez alarmant sur les niveaux de sécurité qu'on devait avoir normalement dans un espace public et important comme un parlement comme celui-ci »

— Jacques Chagnon, président de l'Assemblée nationale

Parmi les problèmes identifiés par la Sûreté du Québec, la rue des Parlementaires, située juste derrière l'Assemblée nationale. Tous peuvent y circuler librement, les voitures ne sont pas inspectées; on craint un attentat à la voiture piégée.

Le risque est réel selon Jean Racine, un consultant en sécurité, qui a longtemps été chargé de la sécurité des premiers ministres.

« [L'objectif] c'est de maintenir une distance avec la chose. C'est certain que si tout le monde peut passer sans surveillance dans une rue relativement étroite entre deux édifices, je crois que c'est évident qu'il y a un danger », explique-t-il.

Équipements désuets

Autre problème : les équipements de télésurveillance, à l'intérieur du Parlement, sont désuets. La plupart des capteurs et des caméras datent d'il y a 20 ans, et l'Assemblée ne dispose même pas d'un centre de commandement centralisé d'où coordonner les opérations au quotidien et en cas d'urgence.

La fouille des visiteurs, qui se fait à même le bâtiment principal de l'Assemblée nationale, pose également problème.

« Si tu vérifies une personne à l'intérieur de l'édifice où tu ne veux pas qu'elle soit, on a un problème. Si tu veux l'expulser ou l'arrêter et qu'elle a sur elle des explosifs... elle est déjà en poste! Donc là, il faut réévaluer en fonction des nouvelles menaces », explique l'expert en sécurité Jean Racine.

Le président de l'Assemblée plaide qu'il y a urgence d'agir. « On ne peut pas jouer éternellement avec des concepts de sécurité », dit-il.

Jacques Chagnon compte sur son controversé projet de modernisation et d'agrandissement évalué à 50 millions pour résoudre ces problèmes de sécurité. Il en appelle à la collaboration de tous les parlementaires pour faire cheminer le projet rapidement et s'élever au-dessus des intérêts partisans.

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