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23/10/2014 04:44 EDT | Actualisé 23/12/2014 05:12 EST

Le gouvernement du Liban dit ne plus vouloir accueillir de réfugiés syriens

BEYROUTH - Le Liban a annoncé jeudi qu'il n'accepterait plus de réfugiés de la Syrie, son pays voisin déchiré par la guerre, sauf dans des cas qualifiés par les autorités «d'exceptionnels» — une décision qui pourrait empêcher des dizaines de milliers de Syriens de fuir la guerre civile.

Le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, a indiqué que le Liban ne pouvait simplement pas accueillir un plus grand nombre de réfugiés.

Le petit pays méditerranéen compte officiellement 1,1 million de réfugiés syriens enregistrés, mais on croit que le nombre de réfugiés à l'intérieur des terres du Liban est beaucoup plus grand. Les réfugiés syriens représenteraient près du quart de la population de cinq millions d'habitants du Liban.

Les réfugiés ont accentué la pression sur des infrastructures déjà fragiles dans ce pays et rivalisent avec la classe la plus pauvre du Liban pour les emplois à faible revenu, ce qui provoque des tensions. Des dizaines de milliers d'enfants syriens ne peuvent fréquenter les écoles parce qu'elles sont pleines.

Les réfugiés syriens déjà présents au Liban seront encouragés à quitter, a déclaré M. Jreige.

Le gouvernement voudrait «encourager les Syriens déplacés (...) à retourner dans leur pays ou à aller dans d'autres pays», a-t-il dit.

Ninette Kelley, la représentante du Liban auprès de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), a déclaré que le pays a commencé à limiter l'entrée de Syriens au Liban en août.

Selon l'UNHCR, le résultat serait une baisse de 75 à 90 pour cent des demandes d'obtention du statut de réfugié.

Plus de trois millions de Syriens se sont réfugiés dans les pays voisins. Six millions d'autres Syriens ont été déplacés à l'intérieur des frontières du pays, provoquant une des plus importantes crises humanitaires au monde.

Les pays européens et les États-Unis ont été très réticents à accueillir des réfugiés syriens, laissant le fardeau aux pays frontaliers à la Syrie — le Liban, la Turquie, la Jordanie et l'Irak, qui sont tous mal équipés pour accueillir autant de personnes.