DIVERTISSEMENT
16/10/2014 04:35 EDT

Le rock psychédélique de Temples à Montréal (ENTREVUE/ VIDÉO)

Courtoisie

Les quatre jeunes membres britanniques de la formation Temples ont participé à de nombreux festivals nord-américains cette année (notamment Osheaga, SXSW et Coachella). Leur rock psychédélique intelligent et plutôt accessible, que l’on retrouve sur leur premier album Sun Structures (février 2014), plaît d’ailleurs autant de l’autre côté de l’Atlantique. En fait, ces gaillards dans le début de la vingtaine sont considérés comme de véritables vedettes montantes. À quelques jours du retour de Temples à Montréal, le Huffington Post Québec s’est entretenu avec l’un des deux fondateurs du groupe, l’auteur, chanteur et guitariste James Edward Bagshaw.

L’enthousiasme n’est pas unanime quant au travail de Temples, qui s’abreuve aux sources du rock des années ’60 et ’70. Le site américain spécialisé en musique Pitchfork admet apprécier ce son très lustré, qui manque toutefois d’audace ou d’une signature forte. Ailleurs, que ce soit du côté des InRocKs français ou The Guardian anglais, on aime beaucoup la rigueur et le flair de ces jeunes musiciens qui participent (d’autres comme la formation américaine Foxygen s’y appliquent également avec conviction) en quelque sorte à la résurrection d’un genre endormi depuis un bout de temps.

Bien qu’ils n’aiment guère être comparés aux Beatles, Temples ne peut échapper au jeu des comparaisons avec John Lennon et le reste de la bande. Surtout en ce qui à trait aux années « magiques et hallucinées » de ce groupe plus que marquant dans l’histoire de la musique. On peut en outre évoquer le We All Stand Together de Paul McCartney, Tame Impala, Marc Bolan et son groupe T. Rex, The Byrds ou encore The Nazz (qui a connu ses heures de gloire il y a 50 ans), formation particulièrement respectée par les gars de Temples.

On (les gens de la promo et les médias) a répété à qui voulait bien l’entendre que Johnny Marr (The Smith) et Noel Gallagher (Oasis) ont qualifié Temples de meilleur nouveau groupe à évoluer au Royaume-Uni. Sans être un gage de perfection, il faut quand même admettre que cette marque d’approbation n’est pas sans conséquence pour ce quatuor formé en 2012. « Ça ne veut pas dire que nous sommes excellents pour autant, mais c’est néanmoins plaisant à entendre pour des jeunes musiciens comme nous », de dire avec sobriété James Bagshaw, au téléphone.

Une autre donne qui impressionne chez ce groupe est la qualité sonore de l’enregistrement. En plus de composer avec son acolyte chanteur et bassiste Thomas Warmsley, James Bagshaw a réalisé tout l’album, qui renferme un semblant de vieilles sonorités rock et motown tout en étant travaillé jusque dans les moindres détails. Peut-être même un peu trop pour une galette enregistrée en bonne partie dans un studio de fortune. Car il faut préciser que Temples est né dans l’anonymat le plus complet avant que certaines chansons, dont Shelter Song, soient lancées sur Internet telles des bouteilles à la mer. C’est d’ailleurs en bonne partie grâce au web que plusieurs mélomanes et gens du milieu de la musique ont pu découvrir le talent de ces musiciens. Plusieurs, comme un journaliste français des inRocKs, ont déclaré que « Temples sait célébrer avec brio le passé sans nostalgie ».

Du raffiné fait maison

« J’avais peu d’expérience dans ce domaine avant d’entreprendre Sun Structures, admet Bagshaw. Mais depuis plusieurs années le travail en "studio" est pour moi une espèce de seconde nature. J’ai passé un temps fou sur les instruments, les consoles et les ordinateurs à capter et travailler différents sons. Il faut savoir qu’avant d’être membre cofondateur de Temples, tout comme Thomas, j’ai fait partie d’autres groupes avec lesquels j’ai fait pas mal de musique. Bref, c’était somme toute assez naturel de réaliser le premier album de Temples. »

« Ça me stimule aussi beaucoup de prendre en charge un tel projet, poursuit-il. La réalisation est un métier sous-estimé dans le monde de la musique. Pourtant, c’est un rôle extrêmement important, du moins à nos yeux. Je considère la réalisation comme un autre instrument de la formation. C’est ce que je respecte du travail de Phil Spector, Tony Visconti ou Brian Eno, sont des créateurs extraordinaires aussi importants que bien des musiciens de notoriété… »

Durant l’entrevue téléphonique, les membres de Temples se trouvaient à Kansas City, une ville faisant partie de l’impressionnante tournée de concerts assumés par le groupe à l’automne. Et rien ne semble vouloir ralentir Temples en 2015.

« Nous sommes toujours sur la route, affirme James Bagshaw. Mais je ne m’en plains pas du tout. On apprend énormément. C’est juste difficile de penser à un prochain album. Il pourrait sortir de nulle part en 2015 ou dans trois ans. Difficile à dire. Tout ce que je sais, c’est que je compte bien réaliser ce prochain disque. De plus, les deux autres gars du groupe (le batteur Sam Toms et le claviériste-guitariste Adam Smith) seront davantage impliqués dans la prochaine production. »

Bien que les boys de Temples ne soient pas des bêtes de scène (sur les planches de la scène des Arbres cet été au festival Osheaga, ils étaient plutôt très « décontractés » et économes d’artifices scéniques) nous vous recommandons d’aller tendre une oreille à ce rock « made in England ». Ça flotte, les mélodies sont bonnes, les guitares vivantes et les ambiances psychédéliques ne dopent pas trop l’existence, à savoir celle de l’auditeur comme celle des musiciens. Puis, ils sont beaux à voir sous leurs chevelures stylisées et leurs fringues ajustées…

Temples sera en spectacle au Cabaret du Mile-End, le 22 octobre, à 21 h. The Districts assumera la première partie.

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