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16/10/2014 08:09 EDT | Actualisé 16/12/2014 05:12 EST

Manifestations à Hong Kong: des policiers démontent des barricades

HONG KONG - Des dizaines de policiers de Hong Kong se sont présentés avant l'aube, vendredi, dans une zone de manifestation prodémocratie dans le but de démonter des barricades.

Munis de casques et de boucliers, ces policiers se sont dirigés dans le quartier commerçant de Mong Kok pour se débarrasser de certaines tentes et toiles installées à cet endroit. Selon les autorités, il n'est cependant pas question de forcer le départ des protestataires, qui font partie du même groupe campant, de l'autre côté de la baie de Victoria, dans le district financier de la ville.

La police a encerclé une trentaine de personnes qui n'ont pas résisté. Des haut-parleurs ont été employés pour demander aux gens de quitter le site, et on ne rapportait aucun heurt.

Jeudi, le leader de Hong Kong avait lancé de son côté un nouvel appel au dialogue avec les manifestants prodémocratie, mais la colère de la population face à la brutalité policière a compliqué les efforts pour en arriver à une issue.

Le chef de l'exécutif Leung Chun-ying a dit que son gouvernement était prêt à reprendre les pourparlers avec les manifestants dès la semaine prochaine, tout en leur demandant d'être raisonnables et en prévenant que Pékin ne changera pas de position quant au déroulement des prochaines élections.

On se demande donc si cette nouvelle ouverture suffira à combler le gouffre béant qui sépare les deux camps.

Alex Chow, de la Fédération des étudiants de Hong Kong, a applaudi la proposition de M. Leung, tout en dénonçant les préconditions imposées par le gouvernement.

Plusieurs résidants de Hong Kong ont été estomaqués par des images filmées tôt mercredi et qui semblent montrer des policiers brutalisant un manifestant dont les mains sont menottées dans son dos. Les sept policiers, qui ont été suspendus, et des centaines de leurs collègues tentaient depuis deux jours de dégager un passage souterrain occupé par les manifestants près du siège du gouvernement.

M. Leung a indiqué que des émissaires du gouvernement ont communiqué avec les leaders étudiants pour essayer de relancer le dialogue.

Les manifestants occupent plusieurs rues importantes de la ville depuis le 26 septembre. Ils réclament des mises en candidature libres en vue du scrutin de 2017, et non uniquement des candidatures autorisées par Pékin, en plus de la démission de M. Leung.

M. Leung n'a pas directement répondu aux questions quant à savoir à quel moment la police pourrait intervenir pour chasser les manifestants. Il a toutefois prévenu que le mouvement de désobéissance civile, s'il a été toléré jusqu'à présent, ne pourra se poursuivre indéfiniment.

«À l'avenir, nous ne pourrons tolérer que l'occupation des rues ait un impact négatif sur la société de Hong Kong. La police aura recours à des méthodes appropriées pour régler ce problème», a-t-il dit.

Les dirigeants ont irrité les manifestants quand ils ont subitement annulé les discussions prévues la semaine dernière, sous prétexte que les pourparlers n'auraient aucune issue positive.

M. Leung a répété que la position de Pékin face aux mises en candidature ne changerait pas.

«Pendant la deuxième période de consultations, on peut encore entendre les positions de chacun. On peut encore discuter de la formation exacte du comité de nomination», a-t-il dit.

Pékin se fait de plus en plus impatient face aux manifestations, qui représentent la plus importante contestation de son autorité dans la ville depuis que la Chine a pris le contrôle de l'ancienne colonie britannique en 1997.

Rien ne permet toutefois de croire que le gouvernement central chinois s'apprête à intervenir directement dans le conflit.