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16/10/2014 04:02 EDT | Actualisé 16/12/2014 05:12 EST

L'ÉI et l'Ebola, les «deux pestes» du monde moderne, avance un dirigeant onusien

GENÈVE - Le haut-commissaire pour les droits de l'homme de l'ONU Zeid Raad al-Hussein a établi des comparaisons entre l'épidémie d'Ebola et le groupe État islamique, jeudi, les qualifiant de «doubles pestes» lâchées sur le monde qui ont pu gagner en puissance en raison d'une négligence généralisée et de l'incompréhension.

Lors de sa première conférence de presse depuis son entrée en poste, le mois dernier, M. Zeid s'est penché sur les «deux crises monumentales» qui, dit-il, coûteront inévitablement plusieurs milliards de dollars à surmonter.

Devant la presse, M. Zeid a estimé que ces deux crises avaient couvé discrètement, négligées par un monde au fait de leur existence, mais qui a mal évalué leur terrible potentiel avant que celles-ci n'explosent lors des derniers mois.

M. Zeid a précisé que son bureau avait commencé à établir des normes pour les nations touchées par l'Ebola, lorsque celles-ci imposent des quarantaines à leur population, puisque de telles démarches peuvent entraîner la violation de droits si elles sont mises en place injustement.

Le long de la frontière entre l'Irak et la Syrie, les combattants islamistes qui gagnent du terrain représentent quant à eux un «mouvement diabolique et potentiellement génocidaire» découlant d'un «mariage pervers et mortel d'une nouvelle forme de nihilisme avec l'ère numérique», a-t-il poursuivi.

Ce diplomate aguerri a également pressé l'Irak de joindre la Cour pénale internationale (CPI) et d'«accepter immédiatement» sa juridiction pour permettre la tenue de procès de présumés crimes de guerre et crimes contre l'humanité sous enquête par une mission onusienne.

La Syrie a signé le traité créant la CPI, mais ne l'a pas ratifié.

M. Zeid a par ailleurs fait savoir qu'avant la fin de l'année, son bureau publierait un bilan révisé des morts de la guerre civile syrienne qui «dépassera les 200 000 victimes». Le plus récent décompte, publié en août, parlait de plus de 190 000 décès.