NOUVELLES
16/10/2014 03:01 EDT | Actualisé 16/12/2014 05:12 EST

Les autorités américaines de santé publique critiquées sur l'Ebola

WASHINGTON - Les autorités américaines de santé publique ne savaient toujours pas, jeudi, comment deux infirmières avaient contracté l'Ebola, alors que des élus se demandent sérieusement si le pays est vraiment prêt à stopper toute propagation du virus mortel aux États-Unis.

Les doutes ont augmenté lorsqu'on a appris qu'une des deux infirmières contaminées par le virus aux États-Unis avait pris un vol commercial la veille du diagnostic.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, le bilan pourrait maintenant dépasser 4500 morts en Afrique, majoritairement au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée.

À Washington, le président Barack Obama a autorisé jeudi le Pentagone à appeler en renfort, au besoin, des troupes de la Garde nationale et de la Réserve. L'armée américaine s'est déjà engagée à déployer en Afrique de l'Ouest jusqu'à 4000 militaires, qui seraient affectés à la logistique et à la construction de cliniques.

Le président Obama a aussi demandé jeudi à son administration de réagir avec plus de fermeté à la menace. Pour la deuxième journée consécutive, il a d'ailleurs annulé ses déplacements pour demeurer dans la capitale et superviser la gestion de crise. Mais le président a aussi insisté pour dire que la crise aux États-Unis ne devrait pas détourner l'attention sur l'urgence d'agir en Afrique de l'Ouest. Il a d'ailleurs parlé au téléphone mercredi avec ses homologues européens pour appeler à plus de coordination et d'argent dans la lutte contre l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

Jeudi, le président chinois, Xi Jinping, a appelé à plus d'aide internationale, sans préciser davantage. La Chine a promis le mois dernier 33 millions $ US en aide aux pays africains touchés, et a déployé des médecins et des fournitures.

Au Capitole, le président d'un comité de la Chambre, le républicain Tim Murphy (Pennsylvanie), a énuméré une série d'«échecs flagrants» du gouvernement dans ce dossier. Selon lui, «la confiance des Américains et la crédibilité de l'administration et du gouvernement sont minées chaque jour davantage».

Le directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, Tom Frieden, a assuré lors de son témoignage qu'en dépit des récents incidents, il demeure confiant que la santé publique et le système de soins de santé peuvent prévenir l'éclosion d'Ebola aux États-Unis.

Le docteur Frieden a cependant reconnu que les CDC n'auraient jamais dû permettre à l'infirmière Amber Joy Vinson de monter dans un avion de ligne, car elle avait été exposée à un patient atteint du virus.

Un agent des CDC avait permis à Mme Vinson de monter à bord du vol entre Cleveland et Dallas parce que sa température corporelle ne dépassait pas le seuil fixé par l'agence, et qu'elle ne présentait aucun symptôme, a indiqué le porte-parole, David Daigle.

Les patients qui ont contracté le virus de l'Ebola ne sont pas considérés comme contagieux tant qu'ils ne présentent pas de symptômes de la maladie.

Jusqu'ici, on ne compte que trois personnes qui ont contracté le virus à l'extérieur de l'Afrique, et ce sont toutes des travailleuses de la santé: les deux infirmières de Dallas et une autre à Madrid, en Espagne. La France a annoncé samedi dernier qu'elle resserrerait les contrôles sanitaires à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Paris pour les passagers du vol quotidien en provenance de la Guinée.

Aux États-Unis, les autorités des douanes et de la santé publique aux aéroports de Chicago, d'Atlanta, de Washington et de Newark ont commencé jeudi à détecter la température des passagers en provenance des trois pays d'Afrique de l'ouest touchés par le virus. Cette mesure a débuté samedi dernier à l'aéroport Kennedy de New York.

Une infirmière à l'hôpital de Dallas qui a accueilli le premier patient d'Ebola, le voyageur libérien Thomas Eric Duncan, a parlé jeudi d'une «scène de chaos» lorsqu'il est arrivé. Briana Aguirre a soutenu que deux semaines plus tard, le seul équipement qu'on a fourni au personnel ne couvre même pas le cou.

L'hôpital a indiqué qu'elle avait depuis commandé des cagoules pour couvrir toute la tête.