POLITIQUE
16/10/2014 05:42 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:43 EDT

Moins d'aide à l'emploi pour les plus vulnérables

Zero Creatives via Getty Images

Les compressions budgétaires de Québec ont des répercussions sur plusieurs programmes d'intégration au marché du travail du ministère de l'Emploi dédiés à ceux vivant avec une déficience, un problème de santé mentale ou un handicap. Les jeunes en difficulté sont aussi touchés.

Un texte de Davide Gentile

Employé à temps partiel du Centre d'action et de recherche en employabilité (CADRE) depuis environ quatre ans, Vince Pontarelli pourrait perdre son travail l'an prochain. On l'a récemment avisé que son contrat pourrait ne pas être renouvelé.

« Ils m'ont dit que le gouvernement n'aurait probablement pas d'argent pour l'année prochaine. » — Vince Pontarelli

M. Pontarelli fait partie d'une cinquantaine de personnes qui travaillent au CADRE et qui sont rémunérées grâce à une majoration de leur chèque d'aide sociale. Leur rémunération provient du programme PASS Action, dont le budget est passé de 16 millions de dollars en 2013-2014 à 14 millions cette année.

Le directeur de CADRE, Roy Bhimpaul, explique que sans emploi, Vince, qui souffre de schizophrénie, serait plus insolé. Des gens dans sa situation ne pourront plus contribuer à la société et ils risquent d'être davantage hospitalisés, ajoute-t-il. Selon lui, éjecter des bénéficiaires de ce programme coûtera ultérieurement beaucoup plus cher au système de santé, sans compter les incidences sur les proches de ces personnes.

Les jeunes en difficulté aussi

La révision des programmes d'Emploi Québec touche aussi les jeunes. Le programme Alternative jeunesse, qui incitait les jeunes à quitter l'aide sociale en majorant leur prestation d'environ 80 $ par mois, est éliminé, pour une économie totale de 9 millions de dollars.

À la Maison Tangente de Montréal, qui fait partie du réseau des Auberges du coeur, c'est la déception. Anette Riddell a appris il y a deux semaines que le programme n'existait plus. « Ça m'aurait aidé à me concentrer sur les études que je veux reprendre », affirme-t-elle.

Un autre ancien de la Maison Tangente critique la décision. David Palardy rappelle que l'aide sociale laisse peu de marge de manoeuvre, avec environ 600 $ par mois. « 80 $ de plus pour quelqu'un qui fait un bon salaire, ça ne paraît pas beaucoup, mais pour nous c'est une montagne », raconte-t-il.

De son côté, David Brabant, qui a vécu l'itinérance, affirme que le programme Alternative jeunesse « l'avait beaucoup aidé à se sortir de la rue ».

Le gouvernement estime que le programme n'était pas assez efficace. Le cabinet du ministre François Blais parle de substituer Alternative jeunesse par une « stratégie d'accueil personnalisé et d'accompagnement soutenu ». D'ailleurs, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale n'a pas voulu détailler les réductions budgétaires dans ses programmes cette année.

D'autres programmes dans la mire de Québec

De plus, le programme de Contrats d'intégration au travail pour personnes handicapées est plafonné. Le budget reste à 35 millions de dollars, mais il ne permet pas de suffire à la demande. Résultat : des dizaines d'handicapés se retrouvent sans accès au marché du travail.

Finalement, Québec a aussi décidé de sabrer les subventions salariales aux organismes sans but lucratif.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, qualifie ces décisions « d'économies de bouts de chandelles », accusant le gouvernement de ne pas avoir de « vision sociale ».

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