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15/10/2014 05:48 EDT | Actualisé 15/12/2014 05:12 EST

Une deuxième infirmière contaminée par le virus Ebola au Texas

DALLAS - Une deuxième infirmière de l'hôpital Presbyterian de Dallas, au Texas, est atteinte du virus d'Ebola. C'est dans cet établissement qu'un patient souffrant de la maladie très contagieuse, Thomas Eric Duncan, est mort la semaine dernière.

Amber Joy Vinson, âgée de 29 ans, faisait partie de l'équipe ayant prodigué des soins à M. Duncan. Selon le dossier médical de M. Duncan consulté par l'Associated Press, elle était activement impliquée dans les soins dans les jours ayant précédé la mort du patient. Le dossier montre qu'elle lui a notamment inséré des cathéters et qu'elle a fait des prises de sang.

Elle surveillait elle-même son propre état de santé et a rapporté souffrir d'une fièvre mardi. Elle aurait été placée en quarantaine moins de 90 minutes plus tard.

La jeune femme devait être transférée à l'hôpital universitaire Emory, à Atlanta, mercredi en fin de journée, ont indiqué des responsables. L'établissement dispose d'unités d'isolement spécialisées pour traiter l'Ebola. Trois patients atteints y ont déjà séjourné, dont deux qui s'en sont remis et ont quitté l'hôpital.

Mme Vinson a pris un vol entre Cleveland et Dallas, lundi, avant de ressentir les premiers symptômes le lendemain. Les 132 passagers qui se trouvaient à bord du vol 1143 de Frontier Airlines ont été informés de la situation.

«Le niveau de risque (de contagion) auprès des personnes autour d'elle est très faible», a évalué le directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis (CDC), Tom Frieden. Les patients infectés ne peuvent pas transmettre l'Ebola avant d'éprouver des symptômes.

M. Frieden croit tout de même qu'une personne ayant été exposée au virus n'aurait jamais dû prendre l'avion.

Un premier test mené tard mardi a confirmé que l'infirmière était infectée par l'Ebola. Une équipe spécialisée a entrepris, mercredi avant l'aube, de décontaminer son appartement. Les voisins ont été avisés de la présence dans leur quartier d'une personne atteinte du virus.

On ne sait pas comment Mme Vinson a pu s'infecter. «Nous examinons tous les aspects de l'équipement de protection du personnel et du contrôle des infections à l'hôpital», a dit le docteur Daniel Vargas, responsable clinique de Texas Health Resources, qui gère l'hôpital Presbyterian.

Les autorités ne savent pas non plus comment la première infirmière, Nina Pham, a été infectée par l'Ebola. Le deuxième cas permet toutefois de croire à des problèmes qui vont au-delà de la négligence possible d'une seule personne.

«Un autre travailleur de la santé dont les tests démontrent une infection à l'Ebola est une préoccupation grave, et les CDC ont déjà adopté des mesures énergiques pour minimiser les risques que courent les travailleurs de la santé et le patient», a indiqué l'agence fédérale dans un communiqué.

La secrétaire américaine à la Santé et aux Services sociaux, Sylvia Burwell, a refusé de dire mercredi si elle faisait pleinement confiance aux dirigeants de l'hôpital de Dallas où les deux infirmières ont été infectées.

Le plus important syndicat américain d'infirmières affirme que M. Duncan a été laissé dans une aire ouverte de la salle des urgences pendant plusieurs heures. Des employés l'auraient ensuite traité pendant plusieurs jours sans porter de vêtements de protection, des déchets dangereux n'auraient pas été éliminés correctement et les protocoles de sécurité auraient été constamment modifiés.

La première infirmière infectée a reçu du plasma sanguin provenant d'un médecin qui a survécu à l'Ebola. M. Frieden a indiqué mardi que l'état de la femme de 26 ans s'était amélioré.

L'Organisation mondiale de la santé croit que le virus pourrait infecter 10 000 nouvelles personnes par semaine en Afrique de l'Ouest d'ici les deux prochains mois.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a déclaré, mercredi, que la communauté internationale avait «échoué» jusqu'à maintenant dans sa façon de gérer la crise d'Ebola. Le conseil affirme que l'épidémie représente une menace pour la paix et la sécurité internationales et appelle tous les États membres et les organisations non gouvernementales à «accélérer et élargir de manière considérable» les ressources pour lutter contre le virus.

Pour la première fois de son histoire, l'ONU a mis sur pied une mission dédiée spécifiquement à cette crise de santé publique, la Mission des Nations unies pour l'action d'urgence contre l'Ebola (MINUAUCE).