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15/10/2014 01:22 EDT | Actualisé 15/12/2014 05:12 EST

Élection présidentielle au Mozambique: l'opposition dénonce une fraude

MAPUTO, Mozambique - Alors que les électeurs du Mozambique étaient appelés aux urnes pour élire leur prochain président, mercredi, le principal parti de l'opposition a déclaré avoir décelé une fraude électorale.

La Renamo (Résistance nationale mozambicaine) affirme avoir intercepté des boîtes avec des bulletins de vote déjà remplis en faveur du candidat du parti au pouvoir, le Frelimo (Front de libération du Mozambique).

Certains membres de la Renamo ont été arrêtés, mais d'autres ont pu se plaindre aux observateurs internationaux.

Lorsque les électeurs ont été informés de ce qui se passait, ils auraient brûlé les bulletins de vote. Des membres de la Renamo ont ajouté que la police avait ouvert le feu sur la foule, mais ils n'étaient pas certains s'il s'agissait de véritables munitions, de balles de caoutchouc ou de gaz poivré.

«Nous voulions absolument voir les boîtes de scrutin, mais ils ont refusé de nous laisser entrer», a déploré Lynda Harper, une observatrice de l'Union européenne.

La Commission électorale du Mozambique enquêtera sur l'incident.

L'élection survient quelques mois seulement après qu'une entente entre le parti au pouvoir et l'opposition eut mis fin à deux ans de combats sporadiques dans le nord du pays.

Les deux partis politiques sont d'anciennes factions rebelles qui se sont affrontées dans le cadre d'une guerre civile impitoyable.

La journée électorale avait pourtant commencé assez calmement. Le candidat présidentiel du Frelimo, Filipe Nyusi, a voté dans une école de la capitale, Maputo. Le leader de la Renamo, Afonso Dhlakama, qui a lui aussi voté à Maputo, a demandé à tous les électeurs, et surtout aux jeunes, de se faire entendre.

M. Dhlakama ne s'est joint à la campagne que tout récemment, après s'être terré dans le mont Gorongosa pendant les plus récents affrontements.

Un nouveau parti politique, le Mouvement démocratique du Mozambique, devrait obtenir de bons résultats, selon des analystes. La formation est dirigée par Daviz Simango — le maire de Beira, la deuxième ville en importance au pays — et propose plusieurs politiques à l'endroit des jeunes, dans un pays dont l'âge moyen est de 17 ans.

Plus de 10 millions d'électeurs étaient attendus aux urnes mercredi. Le taux de participation a été inférieur à 50 pour cent lors des deux derniers scrutins présidentiels.