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15/10/2014 08:42 EDT | Actualisé 15/12/2014 05:12 EST

La police kurde conscrit des centaines de jeunes hommes pour combattre

BEYROUTH - Les policiers de la région autonome kurde en Syrie ont commencé à conscrire des centaines de jeunes hommes, depuis que le service militaire a été rendu obligatoire, selon ce que rapportent des militants et des dirigeants kurdes.

Cette décision sans précédent a été condamnée par des groupes de défense des droits de la personne, mais elle témoigne du désespoir des Kurdes syriens qui tentent de résister aux djihadistes du groupe armé État islamique à Kobani, près de la frontière avec la Turquie.

Plus de 550 personnes ont été tuées depuis que l'organisation a lancé son offensive à la mi-septembre, et plus de 200 000 personnes ont trouvé refuge en Turquie.

Les djihadistes contrôlent maintenant le tiers de Kobani et se rapprochent des positions de la plus importante milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG). Les frappes aériennes de la coalition américaine auraient toutefois permis aux YPG de reprendre un peu de terrain.

Dans les secteurs majoritairement kurdes à l'est de Kobani, la police kurde a commencé samedi à interpeller des dizaines de personnes qu'elle remet ensuite aux autorités militaires, qui les hébergent dans des écoles avant leur entraînement, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

Un membre du Conseil national kurde, Mustafa Osso, a révélé que les policiers ont érigé des points de contrôle et perquisitionné des demeures, ce qui leur a permis d'épingler environ 700 hommes âgés de moins de 30 ans.

M. Osso a ajouté que cette décision découle directement des événements à Kobani. Il craint maintenant que les jeunes hommes ne fuient les secteurs kurdes pour éviter d'être enrôlés de force.

Pendant ce temps, ailleurs en Syrie, un parlementaire membre du régime de Bachar el-Assad, Waris al-Younnes, a été abattu dans la province centrale de Hama. Son assassinat n'a pas été revendiqué, mais plusieurs dirigeants politiques, policiers ou militaires ont été attaqués depuis le début de la guerre civile. En juillet 2012, un spectaculaire attentat à la bombe perpétré à Damas avait coûté la vie au beau-frère du président Assad et au ministre de la Défense.