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15/10/2014 04:28 EDT | Actualisé 15/12/2014 05:12 EST

Des policiers algériens manifestent devant le siège de la présidence à Alger

ALGER, Algérie - Des policiers algériens ont tenté d'entrer de force dans les bureaux présidentiels à Alger mercredi, au deuxième jour d'un mouvement de contestation sans précédent visant à dénoncer les violences contre les forces de sécurité dans le sud du pays.

Environ 300 policiers vêtus de leur uniforme bleu ont marché vers les bureaux du président, apparemment sans leurs armes. Certains d'entre eux ont tenté d'entrer par la porte principale, mais ils ont été arrêtés par les gardes présidentiels.

Le chef du cabinet du président Abdelaziz Bouteflika a tenté de parler aux manifestants, mais il a finalement quitté sous les huées et les sifflements.

La foule a d'ailleurs réclamé la démission du chef de la sécurité algérien, le général Abdelghani Hamel.

Les perturbations surviennent alors que plusieurs Algériens jugent que le président est trop malade pour diriger le pays. M. Bouteflika n'est presque pas apparu en public depuis sa réélection en avril.

M. Bouteflika, un allié des États-Unis contre le terrorisme, a amené la stabilité en Algérie après des années de conflit.

Les policiers algériens ont rarement pris la rue pour contester le pouvoir en place. Il s'agit d'une première rébellion pour eux, selon le sociologue Nacer Djabi, qui parle d'un «vide de pouvoir» au pays.

Les forces de sécurité de Ghardaïa, dans le désert du Sud, auraient été attaquées lundi lors d'affrontements entre des gangs rivaux arabes et berbères.

Depuis la fin de l'année dernière, des affrontements récurrents entre les deux communautés ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Les membres de la communauté berbère locale, les Mozabites, parlent leur propre langue et suivent un courant de l'islam différent de celui de la majorité des Algériens. Les deux groupes sont en compétition pour les emplois, les terres et les logements dans cette région pauvre, et les tensions se sont accrues depuis qu'un cimetière mozabite a été profané en décembre.

Des policiers de tout le pays ont été envoyés à Ghardaïa, où la situation reste plus ou moins sous contrôle après une explosion de violence entre les deux communautés en avril.