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15/10/2014 04:39 EDT | Actualisé 15/10/2014 04:39 EDT

BD: le «Magasin Général» de Loisel et Tripp baisse le rideau

EMMANUEL DUNAND via Getty Images
Comic Strip authors Jean-Louis Tripp (L) and Regis Loisel pose next to heroes of 'Magasin General' (General Store), their co-created comic strip series, during an interview to promote the launch of the last volume of the nine-volume series, 'Notre Dame des Lacs' (Our Lady of the Lake), in Brussels, October 15, 2014. Loisel and Tripp concluded Magasin General, sharing both script and art since 2006, of the nine-volume graphic novel which takes place in a small Canadian Quebecois village in the early 1940s. AFP PHOTO/Emmanuel Dunand (Photo credit should read EMMANUEL DUNAND/AFP/Getty Images)

Les dessinateurs et scénaristes français Régis Loisel et Jean-Louis Tripp publient le neuvième et dernier tome de leur bande dessinée à succès Magasin Général, long «roman de l'émancipation» d'un village québecois à la fin des années 1920.

Dans les huit premiers tomes publiés depuis une dizaine d'années, les deux auteurs installés à Montréal, qui scénarisent et dessinent «à quatre mains», ont «lancé des lignes à l'eau», qu'il s'agissait de «ramener» dans ce dernier album, «en faisant bien attention de ne pas les mélanger», ont expliqué les deux complices lors d'un passage chez leur éditeur Casterman à Bruxelles.

Avec ses couleurs pastels, voire «fanées», caractéristiques de la série, le dernier épisode, sobrement intitulé Notre-Dame-des-Lacs (le nom du village où se situe l'action), «boucle la boucle» et met un point final au destin de la foison de personnages rencontrés au fil des récits précédents, où poésie et humour sont étroitement mêlés.

«C'est une femme, Marie, dont le destin était tracé, qui se retrouve par le hasard de la vie, parce qu'un homme débarque dans le village à cause d'une panne de moto et qu'il y passe l'hiver, qui va se retrouver sur le chemin de l'émancipation pour se libérer des normes, à la fois politiques, religieuses, sociales...», résume Jean-Louis Tripp.

Les lecteurs retrouveront ce coin du Canada rural, dont l'accent est fidèlement rendu dans les dialogues, complètement chamboulé: il n'y a plus de maire à Notre-Dame-des-Lacs ; plus de curé ou presque ; Marie, l'héroïne principale, veuve encore jeune, est enceinte d'un père que personne ne connaît et les femmes du village sont prises d'une frénésie d'achats comme on n'en avait encore jamais vue...

Cette intrusion de la modernité dans ce village isolé du monde prend la forme d'un appareil photo ou encore d'un phonographe. «Ces éléments contiennent la graine d'une modernité exaltante, mais aussi celle qui fait qu'aujourd'hui on est allé trop loin dans l'individualisme et la société marchande», explique encore Jean-Louis Tripp.

Ce neuvième et dernier volume est enrichi d'un intéressant bonus en forme de générique de fin, traité à la manière d'un album photo réunissant tous les acteurs de cette tribu. Il s'agit de clichés «pris» par Jacinthe, l'amie de Marie, que l'on voit photographier la vie du village, mais aussi ceux qu'elle prendra dans les années qui suivront le moment où le récit en bande dessinée s'arrête.

«C'est une façon de dire: on vous a tout raconté de l'histoire de ce village et on part sur la pointe des pieds en laissant le lecteur continuer son histoire à travers les photos», conclut Régis Loisel, inoubliable auteur de Peter Pan et de La Quête de l'oiseau du temps.

Notre-Dame-des-Lacs, sorti le 15 octobre aux éditions Casterman.

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