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26/08/2014 05:54 EDT | Actualisé 26/10/2014 05:12 EDT

Rencontre Poutine-Porochenko après la capture de soldats russes en Ukraine

ASSOCIATED PRESS
Russian President Vladimir Putin listens during a meeting in Samara, Russia, Monday, July 21, 2014. Putin has lambasted those who use the downing of a passenger jet in eastern Ukraine for

Le président ukrainien Petro Porochenko est arrivé mardi à Minsk où il doit rencontrer Vladimir Poutine sur fond d'escalade dans l'est séparatiste de l'Ukraine où Kiev a pour la première fois capturé des soldats russes.

L'état-major ukrainien a diffusé mardi des témoignages vidéo de parachutistes russes du 331e régiment de la 98e division aéroportée basée en Russie centrale arrêtés lundi soir près du village ukrainien de Dzerkalné, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.

Selon les services de sécurité ukrainiens, dix parachutistes russes ont été arrêtés.

Une source militaire russe a confirmé l'arrestation des soldats, ce qui constitue une première preuve matérielle de la participation des forces régulières russes dans les combats dans l'est de l'Ukraine en proie depuis plus de quatre mois à une insurrection armée prorusse qui a fait plus de 2.200 morts.

Cette source a affirmé que les soldats patrouillaient à la frontière et avaient traversé celle-ci "par accident".

"Nous avancions en colonnes dans des champs, pas sur la route. J'ai deviné (être en Ukraine, ndlr) quand on a commencé à nous bombarder. Je ne sais pas à quel moment on a traversé la frontière", témoigne la caporal Ivan Miltchakov, "citoyen russe né en 1995", selon une vidéo largement reprises par les médias.

« C'est la guerre entre l'Ukraine et la Russie »

Un autre parachutiste Ivan Romantsev a de son côté expliqué qu'il pensait dans un premier temps participer à des "manoeuvres" pour lesquelles on leur avait demandé de couvrir de peinture blanche les numéros de leurs véhicules.

"Quand on a fait exploser mon blindé, j'ai commencé à avoir peur. J'ai compris que ce n'était pas des manoeuvres", dit-il.

"Je me suis rendu compte qu'ici c'est la guerre entre l'Ukraine et la Russie", a-t-il poursuivi ajoutant que "ce que raconte la télévision russe ne correspond pas à la réalité".

Alors que la source militaire russe a affirmé que les soldats avaient traversé la frontière "par accident", Ivan Romantsev dit qu'une compagnie entière n'aurait pas pu se perdre de cette manière.

Kiev accuse régulièrement la Russie d'envoyer des militaires ou des blindés en territoire ukrainien, de tirer à l'artillerie sur le territoire ukrainien et de fournir armes et combattants aux insurgés, ce que Moscou a toujours démenti.

Les autorités ukrainiennes ont affirmé lundi avoir stoppé une colonne de blindés russes qui ont franchi la frontière près de la ville de Novoazovsk, à 100 km au sud du bastion prorusse de Donetsk. Selon une habitante jointe par l'AFP, des bruits de bombardements pouvaient être entendus mardi matin dans les faubourgs est de la ville, en direction de la frontière russe.

La Maison Blanche a dénoncé lundi les "incursions militaires" de la Russie en Ukraine jugeant qu'elles constituaient une "escalade significative" à la veille de la rencontre de Minsk.

Bataille diplomatique

Cette rencontre, la deuxième entre MM. Porochenko et Poutine après un bref entretien en Normandie en juin, aura lieu dans le cadre d'un sommet régional des pays de l'Union douanière menée par Moscou et en présence de trois hauts responsables de l'Union européenne.

"Ce sera difficile à Minsk, mais nous sommes prêts à une bataille diplomatique", a écrit le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine sur son compte Twitter.

"Les deux chefs d'État sont prisonniers de leur opinion publique et ne peuvent faire de concessions substantielles", explique l'analyste russe Konstantin Kalatchev.

Les rebelles prorusses ont de leur côté annoncé la veille avoir lancé une contre-offensive au sud de leur bastion de Donetsk dans ce qui semble être une tentative de prendre l'armée ukrainienne en tenaille, mais Kiev a affirmé avoir repoussé ces attaques.

Dimanche, les rebelles ont fait défiler dans le centre de Donetsk des prisonniers de guerre ukrainiens devant une foule qui les insultait et jetait sur eux des ordures, un acte dénoncé en Ukraine et en Europe. "Rien d'humiliant", a rétorqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Moscou a placé lundi Kiev devant la perspective d'une nouvelle démonstration de force en annonçant l'envoi "dès cette semaine" d'un nouveau convoi humanitaire, quelques jours après l'entrée en territoire ukrainien d'un premier convoi sans l'autorisation de Kiev.

Le premier convoi avait déchargé sa cargaison dans le bastion prorusse de Lougansk, privé d'eau et d'électricité depuis plus de trois semaines, avant de regagner la Russie.

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