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25/08/2014 09:36 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Trois hauts gradés arrêtés en une semaine au Rwanda (armée, presse)

L'ancien chef de la garde présidentielle rwandaise a été arrêté au Rwanda, troisième haut gradé interpellé depuis une semaine pour des "crimes liés à la sécurité de l'Etat", a annoncé le porte-parole de l'armée, cité par la presse.

Interrogé lundi par l'AFP, le porte-parole de l'armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita, a refusé de commenter ces informations dans l'immédiat, renvoyant à ses déclarations au quotidien pro-gouvernemental New Times.

Le colonel Tom Byabagamba, ancien chef de l'unité antiterroriste du ministère de la Défense, a été arrêté samedi, "soupçonné d'être impliqué dans des crimes contre la sécurité de l'Etat", selon le New Times. Toujours officier d'active, il est récemment revenu au Rwanda après avoir occupé des fonctions à l'état-major de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud.

Son arrestation "entre dans le cadre de l'enquête sur l'affaire impliquant deux officiers à la retraite, arrêtés en début de semaine" dernière, poursuit le quotidien, en référence aux arrestations du général Frank Rusagara et du capitaine David Kabuye, respectivement arrêtés lundi et mercredi.

Le général Rusagara fut notamment secrétaire général au ministère de la Défense, puis directeur de l'Ecole militaire du Rwanda, et était l'attaché de Défense à l'ambassade du Rwanda à Londres jusqu'à sa retraite l'an dernier. Il est marié à la soeur du colonel Byabagamba.

Le capitaine retraité Kabuye est le mari de Rose Kabuye, ancien chef du protocole de la présidence rwandaise et elle-même lieutenant-colonel en retraite de l'armée rwandaise.

Rose Kabuye avait été arrêtée en 2009 en Allemagne et extradée vers la France dans le cadre de l'enquête française sur l'attentat le 6 avril 1994 contre l'avion du président rwandais de l'époque Juvénal Habyarimana, considéré comme l'élément déclencheur du génocide de 1994 au Rwanda.

Son contrôle judiciaire avait finalement été levé 11 mois plus tard et elle avait pu rejoindre le Rwanda.

Selon un analyste politique rwandais, ces arrestations ne sont pas liées à l'opposition rwandaise en exil, notamment le Congrès national rwandais (RNC), fondé par d'anciens hauts responsables militaires rwandais entrés en dissidence.

"Ces arrestations visent essentiellement ceux qui ont une réputation d'électrons libres (au sein du régime) et sont parfois critiques mais sans nécessairement être (considérés comme) des traîtres au vrai sens du terme", poursuit cette source.

Selon la même source, "l'objectif est de restaurer la discipline dans les rangs du parti" au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR), ex-rébellion dirigée par M. Kagame, qui a renversé le régime extrémiste hutu en 1994.

Un célèbre musicien, une journaliste et deux anciens soldats ont été arrêtés en avril, accusés d'avoir voulu fomenter un attentat pour venger la mort de l'un des fondateurs du RNC, Patrick Karegeya, ancien chef des services de renseignement rwandais, assassiné en Afrique du Sud début 2014.

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