NOUVELLES
25/08/2014 01:27 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Soudan du Sud: nouvel engagement à cesser le conflit, nouvelles menaces de sanctions

Les belligérants qui s'affrontent au Soudan du Sud se sont encore une fois engagés lundi à cesser les hostilités qui ravagent le plus jeune Etat du monde, tandis que la médiation a brandi de nouvelles menaces de sanctions.

Les dirigeants de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), l'organisation est-africaine qui assure la médiation, étaient réunis lundi à Addis Abeba pour un sommet consacré au conflit dans ce pays créé en 2011 et désormais au bord de la famine.

A l'issue des travaux, le sommet a "salué la conclusion et la signature" par le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar d'un "canevas de mise en oeuvre de l'accord de cessation des hostilités (...) qui contraint les parties à mettre fin au conflit", sans en préciser le contenu ni la nature.

Lors de leur dernière rencontre le 10 juin dans la capitale éthiopienne, MM. Kiir et Machar s'étaient déjà engagés à mettre fin au conflit et à former un gouvernement de transition avant le 11 août. Un délai qui a expiré sans aucun résultat.

Les dirigeants de l'Igad ont dénoncé "les violations délibérées de l'accord de cessation des hostilités (...) qui ont exacerbé la crise humanitaire actuelle au Soudan du Sud".

Pour l'ONU, l'actuelle crise alimentaire dans le pays est "la pire au monde".

Depuis la signature en janvier d'un premier accord de cessez-le-feu, Salva Kiir et Riek Machar ont réitéré à plusieurs reprises leur engagement pour la paix. Mais cela ne s'est pas traduit sur le terrain: seule la saison des pluies, qui entrave les mouvements de troupes et de matériel, a diminué l'intensité des combats.

L'Igad a en outre donné lundi un nouveau délai de 45 jours pour la formation du "gouvernement de transition et d'union nationale".

- Menace de sanctions -

Et les dirigeants de la région ont de nouveau brandi la menace de sanctions. Ils ont souligné leur "détermination à prendre des mesures contre ceux qui font obstacle à l'objectif de la paix".

Cependant, rien n'a été dit sur la nature des sanctions envisagées.

Pourtant, à la veille du sommet, le chef de la médiation, Seyoum Mesfin, avait promis que seraient définies des "mesures punitives". "On ne peut plus continuer à traiter ce sujet avec des gants, la crédibilité du sommet est en jeu", avait-il martelé.

Seyoum Mesfin avait assuré que les "responsables de la mort d'un observateur", appartenant à une équipe de surveillance du cessez-le-feu de l'Igad, arrêtée samedi par une milice alliée à la rébellion, en "subiraient les conséquences".

Le communiqué final du sommet ne fait aucune mention de cet incident et la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) a assuré lundi que l'observateur, officier de liaison de l'armée sud-soudanaise, était mort "durant sa détention apparemment de causes naturelles".

La Minuss, qui a condamné cette séquestration, a annoncé avoir récupéré dimanche les membres de l'équipe ainsi que l'équipage de leur appareil. Tous avaient été faits prisonniers par la milice de Peter Gadet, un chef de guerre allié à Riek Machar, sanctionné par l'Union européenne et Washington pour des atrocités à caractère ethnique commises par ses hommes.

"Les belligérants doivent comprendre que de nouveaux retards dans le processus de paix ne peuvent être tolérés", a déclaré lundi à Addis Abeba le représentant de l'ONU auprès de l'Union africaine, Haile Menkerios.

Les diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU avaient déjà agité mi-août à Juba la menace de sanctions, et l'Igad s'était dit prête à suivre. Seuls trois chefs militaires des deux camps font pour l'heure l'objet de sanctions.

Le conflit au Soudan du Sud a éclaté le 15 décembre 2013 au sein de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques exacerbés par la rivalité à la tête du régime entre Salva Kiir et Riek Machar.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes ont été tuées dans les combats et les massacres sur des bases ethniques qui les accompagnent, et plus de 1,8 million chassées de chez elles.

str-ayv/tmo