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25/08/2014 09:34 EDT | Actualisé 25/10/2014 05:12 EDT

Russie: le ministre de l'Economie veut creuser le déficit pour soutenir l'économie

Le ministre russe de l'Economie Alexeï Oulioukaev s'est prononcé en faveur d'une augmentation "responsable" du déficit budgétaire afin de soutenir une économie au bord de la récession à cause des santions occidentales.

"Avec une augmentation responsable et planifiée du déficit budgétaire, nous pouvons assurer un nouvel élan économique, ce qui est très important dans un contexte de tension géopolitique", a-t-il plaidé dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Vedomosti.

En fort ralentissement avant la crise ukrainienne, l'économie russe subit désormais l'effet de sanctions occidentales de plus en plus dures. Elle se trouve "entre la stagnation et la récession", a estimé le ministre.

Le ministère de l'Economie défend depuis des mois un assouplissement des règles budgétaires, qui imposent de garder le déficit sous 1% du produit intérieur brut et de garder de côté une partie des revenus tirés des ventes d'hydrocarbures.

Le ministère des Finances s'est pour l'instant farouchement opposé à toute modification de cette règle mais sa position est de plus en plus difficile à tenir dans un contexte de baisse des rentrées fiscales et des cours du pétrole, ainsi que de ralentissement économique.

"Nous avons perdu la capacité de stimuler l'économie avec notre politique budgétaire à un moment où nous sommes au bord de la récession", a regretté M. Oulioukaev, suggérant de laisser filer le déficit jusqu'à 2%.

Le ministre a proposé d'orienter les fonds dégagés vers "les secteurs qui dépendent le plus des investissements publics" et favoriser innovation et production locale.

Le gouvernement envisage déjà une hausse des impôts pour faire face à la réductions de ses revenus et à la hausse des dépenses nécessaires à soutenir l'économie mais aussi à s'adapter aux sanctions.

Moscou a ainsi estimé la semaine dernière à 13 milliards d'euros l'aide publique nécessaire d'ici à 2020 au secteur agroalimentaire russe pour compenser l'embargo décrété sur la plupart des produits alimentaires des pays sanctionnant la Russie.

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